Des humains et des robots
Il y a quelque chose de tellement trop humain dans le parcours de comète de «C’était ça ou mourir»..
L’article analyse le roman C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien, présenté comme une œuvre littéraire majeure. L’autrice souligne que cette histoire, souvent perçue comme celle d’un robot ou d’un usurpateur, est en réalité celle d’un homme ayant voulu créer une œuvre qu’il croyait correspondre aux attentes de sa société d’accueil, le Québec. Le parcours de l’auteur reflète une quête d’appartenance et d’acceptation, marquée par des témoignages recueillis auprès de migrants à Montréal et ailleurs. L’autrice insiste sur le fait que cette démarche, bien que spectaculaire, reste profondément humaine, avec des silences et des réponses laconiques révélant une complexité bien réelle. Le livre est décrit comme une création qui a touché de nombreux lecteurs, suscitant des émotions fortes, comme en témoignent les réactions de ceux qui l’ont lu.
L’article aborde également la réaction des milieux littéraire et médiatique québécois face à ce roman. Selon l’autrice, ces milieux ont parfois perdu certains de leurs réflexes, notamment celui d’écouter véritablement les auteurs au-delà de leur image ou de leur statut. Les entrevues réalisées à la sortie du livre sont décrites comme laborieuses, avec des questions fragiles et des tentatives de combler des silences, ce qui révèle un manque d’écoute et de curiosité pour la démarche personnelle de l’auteur. L’autrice souligne que ces milieux ont tendance à valoriser les figures rassurantes, comme celle d’un immigrant capable de confirmer l’image d’une société accueillante et empathique. Elle critique cette approche, qui néglige souvent la profondeur du processus créatif et les transformations personnelles qu’il implique.
L’autrice évoque l’impact croissant des outils d’intelligence artificielle (IA), comme les logiciels Pangram, dans le domaine de la création littéraire. Ces outils, capables de générer des textes en analysant de vastes quantités de données, soulèvent des questions sur la distinction entre le vrai et le faux. L’article mentionne que de nombreuses personnes ont récemment testé leurs propres écrits dans ces machines, qui « avalent » les textes pour les analyser. Cependant, l’autrice souligne que la véritable authenticité d’une œuvre ne réside pas dans sa forme ou sa structure, mais dans les traces laissées par le processus de création, notamment les cicatrices émotionnelles et les transformations personnelles de l’auteur. Elle critique l’absence de ces réflexions dans les débats actuels, qui se concentrent davantage sur les versions ou les notes que sur l’impact humain de l’écriture.
L’autrice élargit la réflexion à une tendance plus large de la société contemporaine, où les individus cherchent constamment une validation externe pour confirmer la valeur de ce qu’ils produisent. Elle cite l’exemple des personnes qui demandent à l’IA de confirmer que leurs écrits ou leurs idées ne sont pas « robotiques », révélant un besoin profond de reconnaissance. Cette quête de validation est présentée comme universelle, touchant tous les êtres humains, qui passent leur vie à chercher à se sentir spéciaux. L’autrice conclut en soulignant que cette spécificité, bien que partagée par des milliards d’autres humains, est tout aussi précieuse que les milliards d’étoiles dans l’univers. Elle invite à une réflexion sur l’importance de reconnaître cette valeur intrinsèque, au-delà des apparences ou des outils technologiques.

