Les changements climatiques au Canada sont désormais « irréversibles », dit un rapport
Les températures moyennes devraient également augmenter d'au moins 3,5 °C d'ici la fin du siècle..
Un rapport gouvernemental canadien publié en 2025 révèle que les effets du changement climatique au Canada sont désormais en grande partie irréversibles, c'est-à-dire qu'ils ne pourront pas être annulés, même avec des mesures drastiques. Les experts soulignent que les températures moyennes au Canada devraient augmenter d'au moins 3,5 °C d'ici la fin du siècle, même si le monde atteint la carboneutralité d'ici 2075. La carboneutralité désigne un équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre (GES) produites et celles absorbées par la nature ou des technologies. Sans action supplémentaire, cette hausse pourrait atteindre 5 °C. Le rapport précise que les glaciers de l'Ouest canadien perdront plus de 75 % de leur masse, et que la superficie brûlée par les feux de forêt augmentera de près de 50 %.
Les conséquences du réchauffement climatique au Canada seront multiples et sévères. Les scientifiques prévoient une augmentation de 50 % des zones ravagées par les feux de forêt, une fonte accélérée des glaciers de l'Ouest canadien de plus de 75 %, et une hausse des températures hivernales de plus de 10 °C dans une grande partie du Nunavut, avec une probabilité de 50 %. Les sécheresses et les crues soudaines deviendront également plus fréquentes et intenses. Par exemple, le nombre de cas de maladie de Lyme a explosé, passant de 144 en 2009 à 2 525 en 2022, soit une augmentation de plus de 1 500 %. Ces phénomènes menacent directement la santé publique et la sécurité des populations.
Malgré l'urgence climatique, le Canada est en retard dans la mise en place de mesures d'adaptation. M. Ness, un expert cité dans le rapport, a souligné que le pays n'est pas préparé aux changements à venir. Les recommandations incluent la rénovation des logements avec des matériaux résistants au feu, la construction de pare-feux et de digues anti-inondations autour des municipalités. Pourtant, les efforts actuels restent insuffisants. Un rapport précédent du commissaire à l'environnement et au développement durable, Jerry DeMarco, avait déjà critiqué la stratégie nationale d'adaptation, la jugeant inefficace et mal hiérarchisée. Par exemple, 94 % des personnes vivant dans des zones à haut risque d'inondation ignorent encore que leur logement est exposé.
Les impacts du changement climatique ont déjà un coût économique élevé pour le Canada. Entre 2013 et 2018, les effets à court terme de la fumée des feux de forêt sur la santé ont coûté entre 410 millions et 1,8 milliard de dollars par an. Ces dépenses incluent les soins médicaux, les pertes de productivité et les mesures d'urgence. Le gouvernement fédéral a engagé plus de 2,1 milliards de dollars pour financer la Stratégie nationale d'adaptation, mais les experts estiment que ces montants ne suffisent pas à couvrir l'ensemble des besoins. Les coûts continueront d'augmenter si aucune action supplémentaire n'est prise.
Le gouvernement du premier ministre Mark Carney, en place depuis mars 2025, a été critiqué pour avoir affaibli plusieurs mesures climatiques mises en place sous l'ancien premier ministre Justin Trudeau. Parmi les décisions controversées, on note la suppression de la taxe carbone pour les consommateurs, l'affaiblissement du système de tarification du carbone pour l'industrie, et le report de l'entrée en vigueur de nouvelles réglementations sur le méthane en Alberta. Ces mesures ont été justifiées par le gouvernement comme une tentative de rendre la politique climatique plus viable économiquement, mais elles ont été perçues comme un recul par les experts et les défenseurs de l'environnement.
Face au rapport alarmant, le gouvernement canadien a réaffirmé son engagement à atteindre la carboneutralité d'ici 2050. La ministre de l'Environnement, Julie Dabrusin, a déclaré que le gouvernement travaillait à protéger la population des impacts des changements climatiques et du temps violent. Plus de 2,1 milliards de dollars ont été alloués à la *Stratégie nationale d'adaptation*, qui vise à renforcer la sécurité des Canadiens face aux catastrophes naturelles. Cependant, les experts et les rapports précédents soulignent que ces efforts restent insuffisants et mal coordonnés, avec un manque de priorisation des risques les plus urgents.

