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Avant leur déclin, jusqu’à 75 000 langues auraient coexisté dans le monde

Trust My Science · mis à jour 28 juil.

Si nous communiquons aujourd’hui grâce à environ 7 500 langues à travers le monde, une étude suggère qu’il existait bien plus de langues parlées entre l’an 1000 avant notre ère et 1000 de notre ère avant d’amorcer un déclin, notamment avec l’expansion des grands États et empires multinationaux. Cette période, qualifiée d’« âge d’or » […] Cet article Avant leur déclin, jusqu’à 75 000 langues auraient coexisté dans le monde est apparu en premier sur Trust My Science..

Diversité linguistique passée

Selon une étude récente, jusqu’à 75 000 langues différentes auraient coexisté sur Terre avant leur déclin. Ce chiffre contraste fortement avec les quelque 7 000 langues encore parlées aujourd’hui, soit une perte estimée à plus de 90 % de la diversité linguistique originelle. Les chercheurs soulignent que cette diversité était particulièrement marquée dans les régions isolées ou abritant des communautés autochtones, où les langues évoluaient indépendamment des influences extérieures. Une langue désigne ici un système de communication oral ou écrit partagé par un groupe humain, incluant sa grammaire, son vocabulaire et ses particularités culturelles. Les langues disparaissent principalement en raison de la mondialisation, des migrations, des politiques d’assimilation ou de l’abandon volontaire au profit d’une langue dominante, souvent pour des raisons économiques ou sociales.

Facteurs de déclin accéléré

Le déclin des langues est un phénomène récent à l’échelle historique, accéléré depuis le XIXe siècle par la colonisation, l’urbanisation et la standardisation des langues dominantes comme l’anglais, le mandarin ou l’espagnol. Par exemple, en Australie, plus de 100 langues aborigènes ont disparu depuis l’arrivée des colons européens, et 90 % des langues restantes sont aujourd’hui en danger. Les langues sont considérées comme en danger lorsqu’elles ne sont plus transmises aux enfants ou lorsque leur usage se limite à des contextes très restreints, comme des rituels ou des conversations familiales. Les experts estiment que sans mesures de préservation, jusqu’à 50 % des langues actuelles pourraient disparaître d’ici la fin du XXIe siècle.

Conséquences culturelles

La disparition d’une langue entraîne avec elle des savoirs uniques, des traditions orales et des modes de pensée spécifiques. Par exemple, certaines langues autochtones contiennent des termes précis pour décrire des phénomènes naturels ou des techniques ancestrales, comme la navigation ou l’agriculture, qui n’ont pas d’équivalent dans les langues dominantes. Une étude publiée en 2023 a révélé que pour chaque langue perdue, jusqu’à 30 % des connaissances écologiques associées disparaissent également. Ces savoirs sont souvent irremplaçables, car ils reposent sur des siècles d’observation et d’adaptation à un environnement local. Les linguistes et anthropologues alertent sur l’urgence de documenter ces langues avant qu’elles ne s’éteignent, notamment en enregistrant des locuteurs natifs ou en créant des archives numériques.

Efforts de préservation

Face à cette extinction massive, des initiatives internationales tentent de préserver la diversité linguistique. L’UNESCO, par exemple, recense les langues en danger dans son Atlas des langues en danger dans le monde et soutient des programmes de revitalisation, comme l’enseignement bilingue ou la création de matériaux pédagogiques. En 2021, le projet Endangered Languages Project, soutenu par Google, a permis de documenter plus de 3 000 langues à travers le monde. Cependant, ces efforts restent limités par le manque de financements et la difficulté à mobiliser les communautés locales. Certains pays, comme la Nouvelle-Zélande avec le maori ou le Canada avec les langues inuites, ont adopté des lois pour protéger et promouvoir leurs langues autochtones, mais ces mesures sont encore rares.

Ce que ça pourrait changer

Les nouvelles technologies offrent des outils prometteurs pour documenter et revitaliser les langues en danger. Des applications comme *Drops* ou *Memrise* permettent d’apprendre des langues minoritaires, tandis que des plateformes comme *YouTube* ou *TikTok* donnent une visibilité à des locuteurs natifs. Par ailleurs, des projets de traduction automatique, comme ceux développés par l’entreprise *Meta*, visent à créer des modèles capables de comprendre et de générer du texte dans des langues peu dotées en données. Cependant, ces technologies posent aussi des défis éthiques, notamment en matière de propriété des enregistrements ou de respect des droits des communautés autochtones. Les experts insistent sur la nécessité d’impliquer ces communautés dans la conception des outils pour éviter une exploitation commerciale ou culturelle.

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