40 ans après Tchernobyl, ces animaux vivent toujours dans la zone radioactive et leur ADN intrigue les chercheurs
Près de 40 ans après l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, la zone est toujours inhabitée par les humains. Cependant, des animaux y vivent, présentant des mutations qui pourraient être des adaptations à cet environnement radioactif..
Le 26 avril 1986, la centrale nucléaire de Tchernobyl, située en Ukraine (alors en URSS), a connu le plus grave accident nucléaire de l'histoire. Une explosion dans le réacteur n°4 a libéré d'énormes quantités de radiations ionisantes (particules ou ondes capables d'endommager les cellules vivantes) dans l'atmosphère. La zone contaminée, appelée zone d'exclusion, s'étend sur environ 2 600 km² autour de la centrale. Malgré des niveaux de radioactivité encore élevés aujourd'hui, certaines espèces animales y survivent et s'y reproduisent, ce qui intrigue les scientifiques depuis des décennies.
Quarante ans après la catastrophe, des populations d'animaux comme les sangliers, les loups, les chevaux de Przewalski (une espèce de cheval sauvage) ou encore les oiseaux continuent de vivre dans la zone d'exclusion. Ces espèces semblent s'être adaptées à un environnement où les mutations génétiques (changements dans l'ADN) pourraient être plus fréquentes en raison des radiations. Les chercheurs étudient leur ADN pour comprendre comment ces organismes résistent à des doses de radiation qui seraient mortelles pour la plupart des autres êtres vivants. Ces études pourraient révéler des mécanismes biologiques inédits de protection contre les radiations.
Les scientifiques analysent l'ADN des animaux de Tchernobyl pour identifier d'éventuelles mutations (changements héréditaires dans les gènes) liées à l'exposition aux radiations. Certaines mutations pourraient être neutres, d'autres bénéfiques, et d'autres encore néfastes. Par exemple, des études ont montré que des oiseaux comme les hirondelles des fenêtres présentaient des taux élevés de stress oxydatif (déséquilibre entre antioxydants et radicaux libres dans l'organisme), un phénomène souvent associé à des dommages cellulaires. Ces recherches visent à déterminer si ces animaux développent des mécanismes de réparation cellulaire plus efficaces que ceux des espèces non exposées.
Les découvertes faites à Tchernobyl pourraient avoir des applications bien au-delà de la zone d'exclusion. Elles pourraient aider à comprendre comment les organismes vivants réagissent à des environnements radioactifs, ce qui est crucial pour la gestion des déchets nucléaires ou pour les missions spatiales de longue durée, où les astronautes sont exposés à des radiations cosmiques. De plus, ces études pourraient éclairer les mécanismes de radiorésistance (capacité à survivre à des doses élevées de radiations), un domaine encore peu exploré. Les chercheurs espèrent aussi identifier des gènes ou des protéines qui pourraient être utilisés en médecine pour protéger les cellules humaines des effets néfastes des radiations, par exemple lors de traitements contre le cancer.
La zone d'exclusion de Tchernobyl est devenue un laboratoire naturel pour étudier l'impact des radiations sur la biodiversité. Contrairement aux idées reçues, certains écosystèmes y prospèrent, comme en témoignent les populations stables de grands mammifères. Les scientifiques y observent des interactions entre espèces qui n'existent nulle part ailleurs, comme la coexistence entre loups et chevaux sauvages. Ces observations soulèvent des questions sur la résilience des écosystèmes face aux perturbations extrêmes. Cependant, la zone reste un environnement dangereux pour l'homme en raison des niveaux de radiation, ce qui limite les possibilités d'étude et de surveillance continues.

