Sentez, vous êtes au musée : quand l’art joue avec notre odorat
La Frieze Art Fair, qui débute à Londres ce 14 octobre, s’empare à son tour de l’art olfactif, après des expériences déjà menées par les grands musées occidentaux. Odeurs du quotidien ou inconnues, agréables ou désagréables, les installations artistiques titillent désormais l’odorat autant que la vue, explique l’hebdomadaire britannique “The Observer”..
L’art olfactif, ou art olfactif, est une tendance émergente qui intègre les odeurs comme élément central des expositions artistiques, au même titre que les couleurs ou les formes. Cette pratique, encore marginale il y a quelques années, gagne en popularité dans les grands musées et foires d’art contemporain. Par exemple, la Frieze Art Fair à Londres, qui se tient du 14 au 18 octobre 2026, met en avant cette approche sensorielle. Les visiteurs ne se contentent plus de regarder les œuvres : ils sont invités à les sentir. Cette évolution reflète une volonté de stimuler plusieurs sens simultanément, transformant l’expérience artistique en une immersion multisensorielle. Des institutions comme le Metropolitan Museum of Art de New York ou la Tate Modern de Londres ont déjà organisé des expositions explorant cette dimension olfactive, prouvant que l’art peut désormais titiller l’odorat autant que la vue.
Plusieurs artistes contemporains intègrent désormais des odeurs dans leurs créations pour renforcer leur message ou leur esthétique. Par exemple, Marguerite Humeau, dont une œuvre est sélectionnée pour le Turner Prize 2026, a conçu une installation composée de rayons de cire d’abeille, d’albâtre et de verre soufflé, accompagnée d’un parfum émanant des rayons. Une autre artiste, Máret Ánne Sara, a présenté au Tate Modern’s Turbine Hall (Londres) une sculpture en peaux de renne illuminée par des LED, diffusée avec une odeur synthétique intitulée peur chez le renne. Ces exemples illustrent comment les artistes utilisent des fragrances pour évoquer des émotions, des souvenirs ou des contextes culturels, rendant l’art plus immersif et évocateur. L’odeur devient ainsi un outil narratif à part entière.
L’art olfactif ne se limite pas à des parfums agréables : il peut aussi explorer des odeurs désagréables ou inconnues pour provoquer une réaction chez le spectateur. Par exemple, l’installation Liquid Trust, exposée à la Chisenhale Gallery de Londres du 17 avril au 14 juin 2026, joue sur des fragrances complexes pour interpeller le public. Cette approche s’inscrit dans une démarche où l’artiste cherche à communiquer des idées abstraites ou des critiques sociales à travers des sensations olfactives. Les odeurs, qu’elles soient familières ou étrangères, deviennent un langage capable de transmettre des messages difficiles à exprimer par d’autres moyens. Cette dimension expérimentale de l’art olfactif pousse les visiteurs à réfléchir différemment sur les œuvres et leur environnement.
L’art olfactif n’est plus une curiosité isolée : il s’impose progressivement comme une tendance majeure dans le monde de l’art contemporain. Des foires comme la Frieze Art Fair ou des institutions prestigieuses comme le Tate Modern ou le Metropolitan Museum of Art intègrent désormais des expositions olfactives dans leurs programmations. Cette évolution reflète un changement dans la manière dont le public perçoit l’art, de plus en plus ouvert à des expériences multisensorielles. Les artistes olfactifs, comme la Norvégienne Sissel Tolaas, dont les tubes à odeurs ont été exposés au Metropolitan Museum en 2024, gagnent en visibilité. Cette tendance montre que l’art n’est plus seulement visuel, mais peut aussi être une expérience sensorielle complète, engageant l’odorat comme un vecteur d’émotions et de réflexion.
Les musées jouent un rôle clé dans la démocratisation de l’art olfactif. Des institutions comme le Tate Modern ou le Metropolitan Museum of Art ont organisé des expositions dédiées à cette pratique, prouvant que les odeurs peuvent enrichir la compréhension des œuvres. Par exemple, le Tate Modern a accueilli une installation de Máret Ánne Sara du 14 octobre 2025 au 12 avril 2026, où une odeur synthétique accompagnait une sculpture en peaux de renne. Ces initiatives montrent que les musées ne se contentent plus d’exposer des objets, mais cherchent à créer des expériences immersives. En intégrant l’odorat, ils élargissent les possibilités d’interprétation et rendent l’art plus accessible à un public varié, y compris ceux qui ne sont pas habitués aux expositions traditionnelles.

