L’Asie devient la nouvelle destination prisée des étudiants étrangers
Tandis que les grandes destinations anglophones ferment leurs portes, les universités d’Asie attirent de plus en plus d’étudiants internationaux. Une recomposition mondiale de la mobilité étudiante est en cours, explique le “Times Higher Education”..
Les universités asiatiques attirent désormais davantage d’étudiants étrangers que les grandes destinations traditionnelles comme les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada ou l’Australie. Cette tendance s’inscrit dans un remaniement global de la mobilité étudiante, selon le Times Higher Education, un média spécialisé britannique. Les pays occidentaux ferment progressivement leurs portes aux étudiants internationaux, notamment en raison d’une hostilité croissante de l’opinion publique envers l’immigration, amplifiée par les perturbations des flux migratoires causées par la pandémie de Covid-19. Dans le même temps, les étudiants asiatiques privilégient de plus en plus leurs propres systèmes éducatifs, renforcés par des investissements massifs dans l’enseignement supérieur.
Plusieurs éléments expliquent cette attractivité nouvelle de l’Asie. D’abord, le vieillissement démographique de la région crée une pénurie de main-d’œuvre, incitant les pays à former davantage de talents localement. Ensuite, la qualité des universités asiatiques s’améliore, attirant des étudiants étrangers en quête de formations compétitives. Enfin, les difficultés économiques récentes de la Chine, combinées à un taux de chômage élevé chez les jeunes (estimé à plus de 20 % en 2026), rendent l’accès aux études à l’étranger plus difficile pour les locaux. Les pays asiatiques, comme la Chine, la Corée du Sud, le Japon et Hong Kong, ont ainsi dépassé leurs objectifs de recrutement international grâce à ces dynamiques.
Chaque pays asiatique présente des spécificités dans sa politique d’accueil des étudiants étrangers. En Chine, la crise économique limite les moyens des étudiants locaux pour étudier en Occident, tandis que le pays restreint l’accès au marché du travail pour les diplômés étrangers ayant étudié sur son sol. À Hong Kong, les autorités prévoient d’augmenter de 40 % à 50 % le quota d’étudiants étrangers dans les universités d’ici 2027, mais cette mesure inclut les Chinois comme des étrangers, ce qui relativise son impact réel. En Corée du Sud, malgré une bonne intégration dans les établissements, l’accès au marché du travail reste compliqué, car le pays n’est pas encore prêt, sur les plans social et culturel, à accueillir une population véritablement multiculturelle, selon Theodore Jun Yoo, professeur à l’université Yonsei de Séoul.
Malgré ces avancées, l’Asie fait face à des freins majeurs pour attirer durablement les étudiants étrangers. Les **débouchés professionnels** restent limités, notamment en Chine et en Corée du Sud, où les diplômés étrangers peinent à obtenir des visas de travail. De plus, l’**ouverture sociale** des sociétés asiatiques est encore insuffisante pour favoriser une intégration harmonieuse des étudiants internationaux. Par exemple, la Corée du Sud, bien que dynamique sur le plan éducatif, peine à créer un environnement véritablement multiculturel, ce qui décourage certains étudiants. Ainsi, si l’Asie forme désormais plus de talents qu’elle n’en exporte, son attractivité dépendra de sa capacité à offrir des perspectives professionnelles stables et une société plus inclusive.

