L’ouragan «Polo» touchera terre lundi au Mexique
Il est en catégorie 3, les autorités s'attendent à d’importants dégâts, notamment à cause de «crues soudaines»..
L’ouragan Polo, actuellement en catégorie 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson, doit toucher terre lundi au Mexique. Cette échelle, utilisée pour classer les ouragans, va de 1 à 5 selon la force des vents. Une catégorie 3 signifie des vents compris entre 178 et 208 km/h, capables d’endommager gravement les habitations et de provoquer des coupures d’électricité. L’ouragan se dirige vers Puerto San Carlos, une petite ville côtière de 6 000 habitants située en Basse-Californie du Sud, sur la côte Pacifique du Mexique. Les autorités mexicaines et le Centre national des ouragans (NHC) des États-Unis surveillent de près sa trajectoire, car il pourrait aussi frapper une deuxième fois dans le nord-ouest du pays, dans l’État de Sonora, entre lundi et mardi. Le NHC est l’organisme américain chargé d’analyser et de prévoir les phénomènes météorologiques violents comme les ouragans.
Les autorités mexicaines s’attendent à des vents dangereux et à des crues soudaines provoquées par les fortes pluies liées à l’ouragan Polo. Une crue soudaine est une montée rapide et brutale du niveau d’eau, souvent causée par des pluies intenses en peu de temps, qui peut inonder des zones habitées en quelques minutes. Ces phénomènes sont particulièrement dangereux car ils laissent peu de temps pour évacuer. À Puerto San Carlos, seulement quelques habitations et commerces étaient équipés dimanche de planches en bois pour protéger les portes et fenêtres de la houle (vagues puissantes générées par l’ouragan). Marta Maldonado, une serveuse de 62 ans, a déclaré à l’AFP qu’elle espérait que l’ouragan ne frapperait pas trop fort, tout en reconnaissant que des protections seraient probablement installées lundi. Les dégâts pourraient être importants, notamment en raison de la vulnérabilité des infrastructures locales.
Le Mexique est régulièrement frappé par des ouragans chaque année, principalement entre mai et novembre, sur ses côtes Pacifique et Atlantique. Cette année, le phénomène météorologique cyclique **El Niño** amplifie les risques. El Niño se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans le Pacifique, ce qui modifie les courants marins et les vents. Cet événement, en passe de devenir le plus intense jamais enregistré, a des répercussions mondiales : il perturbe les précipitations et les températures à l’échelle planétaire. Par exemple, il peut rendre certaines régions plus humides et d’autres plus sèches que la normale. Dans le cas de l’ouragan Polo, El Niño a probablement contribué à son intensification initiale, puisque Polo était en catégorie 5 (vents supérieurs à 252 km/h) mardi dernier avant de perdre en puissance. Le changement climatique d’origine humaine aggrave aussi ces phénomènes en réchauffant davantage les océans.

