“À l’inverse de la situation en France, les enseignants chinois sont très respectés et plutôt bien payés”
Xu Xiaofei est le correspondant à Paris du quotidien hongkongais “South China Morning Post”. Il revient sur les événements qui ont secoué la France en marge de la journée de mobilisation du 17 octobre, mais aussi sur la colère des lycéens, en comparant le système éducatif français avec un contrepoint chinois..
Xu Xiaofei, correspondant à Paris du quotidien hongkongais South China Morning Post, explique comment les médias chinois ont couvert les manifestations en France le 17 octobre 2026. Selon lui, les images de violences ont marqué les esprits en Chine, où l'ordre social est une valeur centrale. Les médias d'État chinois ont interprété ces événements principalement sous l'angle économique, évoquant la hausse de la dette publique française, la baisse du pouvoir d'achat et une colère sociale accumulée depuis la dissolution du gouvernement en 2024. Xu Xiaofei souligne que les médias chinois ont aussi noté le caractère majoritairement pacifique des manifestants, tout en s'inquiétant de la dégradation du système éducatif français, perçue comme un frein à l'innovation et aux ambitions du pays.
L'entretien met en lumière une différence majeure entre les systèmes éducatifs français et chinois : le statut des enseignants. Xu Xiaofei observe que, contrairement à la France où les enseignants sont souvent critiqués et sous-payés, leurs homologues chinois bénéficient d'un grand respect social et de salaires relativement élevés. Cette reconnaissance s'inscrit dans un contexte où la Chine place l'éducation au cœur de sa stratégie de développement, notamment pour stimuler l'innovation et la compétitivité économique. L'article suggère que cette valorisation des enseignants pourrait expliquer, en partie, les performances élevées du système éducatif chinois dans les classements internationaux.
Xu Xiaofei analyse les causes des manifestations en France à travers le prisme de la crise du système éducatif. Il évoque une baisse de la qualité de l'enseignement, perçue comme un danger pour les ambitions d'innovation de la France. Les lycéens français, selon lui, expriment leur mécontentement face à cette dégradation, qui menace leurs perspectives professionnelles et le rayonnement du pays. L'article souligne que cette crise éducative s'ajoute à des tensions sociales plus larges, liées à des difficultés économiques et politiques persistantes depuis plusieurs années.
Les médias chinois ont interprété les événements français de 2026 comme le résultat d'une accumulation de frustrations économiques. Xu Xiaofei mentionne explicitement trois facteurs : une dette publique en hausse, une baisse du pouvoir d'achat et une impasse politique depuis la dissolution du gouvernement en 2024. Ces éléments, combinés à une crise éducative, ont alimenté un climat de colère sociale. Les observateurs chinois y voient un avertissement pour leur propre pays, où la stabilité économique et sociale est une priorité absolue. Cette analyse contraste avec la perception occidentale des manifestations, souvent réduite à des violences urbaines.

