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Le troisième lien, de promesse phare à fossoyeur de la CAQ à Québec

ICI Radio-Canada · mis à jour 6 oct.

Promesse phare de la CAQ, le troisième lien se sera finalement avéré comme un « point de rupture »..

Le troisième lien, projet clé

Le troisième lien est un projet de liaison routière entre Québec et Lévis, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent. Promesse centrale de la Coalition avenir Québec (CAQ) depuis près de dix ans, il visait à désengorger le pont Pierre-Laporte et à améliorer les déplacements entre les deux villes. Porté par l’ex-premier ministre François Legault, ce projet symbolisait un engagement fort du parti, notamment lors des élections de 2018. Cependant, son abandon en 2023 a marqué un tournant dans la perception de la CAQ par les électeurs. Le coût estimé du projet s’élevait à plusieurs milliards de dollars, un investissement justifié par la promesse d’un trafic suffisant pour le rentabiliser.

Abandon controversé en 2023

En avril 2023, la ministre des Transports de l’époque, Geneviève Guilbault, a annoncé l’abandon du projet du troisième lien autoroutier. Cette décision a été prise en raison d’un manque d’achalandage prévu, rendant l’investissement non rentable. Pour justifier ce recul, elle a présenté une pile de cartables contenant des analyses techniques aux médias. Cette annonce a été perçue comme un symbole de trahison par les électeurs, car elle remettait en cause une promesse électorale majeure. Geneviève Guilbault a qualifié cette décision de « très difficile », soulignant qu’elle modifiait significativement un engagement ferme du parti.

Impact sur la crédibilité CAQ

L’abandon du troisième lien a profondément ébranlé la crédibilité de la CAQ auprès des électeurs, notamment dans la région de Québec et de Lévis. Jonatan Julien, ancien député caquiste de Charlesbourg, a qualifié cet événement de « point de rupture » entre la population et le parti. Selon lui, la politique repose sur la confiance, et ce recul a été perçu comme une trahison de la parole donnée. Les conséquences ont été immédiates : lors d’une élection partielle en 2023, la CAQ a été battue dans la région de Québec, un résultat inhabituel pour ce parti. Cet échec a confirmé que l’électorat ne pardonnait pas ce revirement.

Réactions des élus caquistes

Plusieurs anciens élus caquistes ont reconnu que l’abandon du troisième lien avait joué un rôle clé dans la défaite de leur parti lors des élections de 2026. Sylvain Lévesque, ex-député de Chauveau, a déclaré que ce recul était le « gros point de rupture » avec les électeurs. Jean-François Simard, ministre sortant de la Capitale-Nationale, a également souligné que la CAQ avait multiplié les propositions contradictoires (tunnel, pont, tramway) avant de trancher, ce qui a semé la confusion. Ces élus ont tous choisi de ne pas se représenter en 2026, un signe de leur désaveu envers la direction du parti.

Conséquences électorales régionales

La perte de tous ses sièges à l’Assemblée nationale pour la CAQ dans la région de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches est directement liée à l’abandon du troisième lien. Le Parti conservateur du Québec (PCQ), mené par Éric Duhaime, a profité de ce mécontentement en proposant une alternative : un pont reliant Québec et Lévis via l’île d’Orléans, une idée rapidement critiquée par les insulaires. François Gariépy, candidat du Parti québécois (PQ) dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré, a également attribué une partie de sa défaite à l’absence de position claire de son parti sur le troisième lien, que le PQ a écarté de ses priorités pour un premier mandat.

Ce que ça pourrait changer

Malgré l’abandon du projet par la CAQ, le troisième lien reste un enjeu majeur pour les électeurs de la région de Québec. Éric Duhaime, chef du PCQ, a insisté sur le fait que la population locale souhaite davantage un troisième lien qu’un tramway, comme proposé par le maire de Québec, Bruno Marchand. De son côté, le PQ a reconnu que ce dossier ne pouvait plus être ignoré, même s’il ne figure pas parmi ses priorités immédiates. Les maires des deux rives du fleuve, ainsi que les citoyens, continuent de réclamer une solution pour améliorer les transports entre Québec et Lévis, montrant que ce projet, bien que controversé, reste au cœur des préoccupations régionales.

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