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Généraliste

Trump rattrapé par les interrogations sur son état de santé

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 13 j

Son administration fournit parfois des explications farfelues ou contradictoires aux questions sur sa santé..

Âge et mandat

Donald Trump, âgé de 78 ans et 220 jours en janvier 2025, est devenu le président américain le plus âgé à prêter serment lors de son retour au pouvoir. Son âge avancé suscite des interrogations légitimes sur son état de santé, d’autant plus que des changements physiologiques et comportementaux sont observés. Trump affiche une prédilection pour la restauration rapide, le cola diète et un indice de masse corporelle élevé, tout en reconnaissant dormir peu et trouver l’exercice physique ennuyeux. Malgré une génétique favorable (sa mère et son père sont décédés respectivement à 88 et 93 ans), des signes visibles de vieillissement apparaissent, comme des ecchymoses sur les mains ou une démarche moins assurée.

Signes de vieillissement

Plusieurs manifestations physiques et comportementales alimentent les spéculations sur l’état de santé de Trump. Des ecchymoses sur ses mains, parfois maquillées ou cachées sous des bandages, ont d’abord été attribuées à des poignées de main fréquentes, puis à la prise quotidienne de 325 milligrammes d’aspirine (soit quatre fois la dose préventive habituelle). Son médecin, le capitaine Sean Barbarella, a confirmé que ces marques pouvaient résulter d’une irritation des tissus mous liée à l’aspirine, prise pour prévenir les problèmes cardiovasculaires. Trump a justifié cette prise en déclarant : « On dit que l’aspirine est bonne pour fluidifier le sang, et je ne veux pas de sang épais qui coule dans mon cœur. » Par ailleurs, ses chevilles sont enflées, signe d’une insuffisance veineuse chronique, une affection courante chez les personnes âgées.

Routine et performances

Les habitudes de travail de Trump ont évolué depuis son premier mandat. Ses journées de travail commencent en moyenne à 12h08, soit près d’une heure et demie plus tard qu’en 2017, et son calendrier compte 660 événements publics de moins sur les dix premiers mois de son second mandat. Des épisodes de somnolence sont de plus en plus fréquents : il ferme souvent les yeux pendant des secondes, voire des dizaines de secondes, lors d’annonces officielles ou de réunions. Ces signes ont poussé les démocrates à critiquer son état de santé, tandis que la Maison-Blanche attribue ces comportements à des réunions ennuyeuses, des techniques de relaxation ou une écoute active. Trump a également montré des difficultés à attacher un fermoir lors d’une cérémonie, mettant en lumière des problèmes de dextérité.

Troubles cognitifs et langage

Les observateurs notent une augmentation des lapsus et des propos décousus dans les allocutions de Trump. Par exemple, il a confondu le Groenland avec l’Islande lors d’un discours à Davos en janvier 2025, et a évoqué la République islamique du Japon au lieu de l’Iran lors d’un sommet de l’OTAN. Son langage est devenu plus vulgaire et moins contrôlé : 93 % de ses discours depuis son retour au pouvoir contiennent au moins un terme grossier, contre 40 % lors de son premier mandat. Des psychiatres non examinateurs ont alerté le Congrès sur un possible déclin cognitif, tandis que des démocrates et des républicains, comme Marjorie Taylor Greene, ont appelé à invoquer le 25e amendement de la Constitution, qui permet d’écarter un président jugé inapte.

Examens médicaux et contradictions

Trump a subi quatre évaluations médicales depuis avril 2025 au centre médical militaire Walter Reed, un nombre inhabituel (les présidents s’y rendent généralement une fois par an). Son dernier examen a impliqué 22 spécialistes, un record, sans que les raisons précises ou les spécialités ne soient détaillées. Son médecin, le Dr Sean Barbarella, a affirmé que Trump était en excellente santé, avec des fonctions cardiaques, pulmonaires et neurologiques solides. Pourtant, des questions persistent : pourquoi une deuxième tomodensitométrie a-t-elle été prescrite quelques mois après la première ? Pourquoi certains médicaments, comme ceux contre la perte de cheveux, ne figurent-ils pas dans les rapports publics ? Le Montreal Cognitive Assessment (MoCA), un test de dépistage des troubles cognitifs légers, est présenté à tort par Trump comme un examen de haut niveau.

Perception publique et sondages

Les Américains semblent moins sévères envers Trump qu’ils ne l’étaient envers Joe Biden, dont le déclin cognitif avait forcé son retrait de la campagne présidentielle de 2024. Cependant, cette perception évolue. Selon un sondage Reuters-Ipsos de février 2026, 61 % des Américains (dont un tiers des républicains) estiment que Trump devient incohérent avec l’âge. Un sondage Pew Research Center d’avril 2026 révèle que 56 % des Américains ne sont pas d’accord avec l’affirmation « Trump est alerte mentalement », un chiffre en hausse depuis novembre 2024. Une majorité estime désormais qu’il n’a ni l’acuité mentale (59 %) ni la santé physique (55 %) nécessaires pour exercer ses fonctions. Ces données reflètent une méfiance croissante, bien que son équipe continue de le décrire comme un « bourreau de travail » doté d’une vitalité exceptionnelle.

Ce que ça pourrait changer

Face aux interrogations sur son âge, Trump et son équipe tentent de projeter une image de force et de vitalité. Ses collaborateurs, comme le conseiller Stephen Miller, insistent sur son énergie et sa mémoire, allant jusqu’à le qualifier de *« président surhumain »*. Trump lui-même utilise des images générées par intelligence artificielle pour se montrer rajeuni et plein d’énergie, avec des messages comme *« Même gars. Encore plus d’énergie maintenant ! »*. Lors de son 80e anniversaire en juin 2026, il a organisé un gala d’arts martiaux mixtes sur la pelouse de la Maison-Blanche, une mise en scène destinée à renforcer l’image d’un leader puissant. Ces efforts visent à contrer les spéculations sur son état de santé, tout en reconnaissant implicitement les inquiétudes du public.

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