Interdiction de chasse : le grand tétras et le lagopède alpin désormais protégés
La Ligue pour la protection des oiseaux ( LPO ) salue une « excellente nouvelle » pour la biodiversité de montagne. Le lagopède alpin et le grand tétras ne peuvent plus être chassés.
Le grand tétras et le lagopède alpin, deux espèces d'oiseaux emblématiques des montagnes françaises, bénéficient désormais d'une protection renforcée contre la chasse. Ces oiseaux, souvent associés aux milieux alpins et forestiers, voient leur statut de conservation évoluer pour limiter les risques de disparition. Le grand tétras (Tetrao urogallus), reconnaissable à sa taille imposante et à son plumage sombre, est un galliforme typique des forêts de conifères, tandis que le lagopède alpin (Lagopus muta), plus petit et adapté aux zones rocheuses, vit en altitude. Leur protection s'inscrit dans un contexte où ces espèces sont menacées par la dégradation de leur habitat et les activités humaines, notamment la chasse. Cette mesure vise à préserver leur population, déjà fragilisée par des effectifs réduits dans certaines régions comme les Alpes ou les Pyrénées.
L'interdiction de chasse pour ces deux espèces a été officialisée par une décision administrative récente, prise par les autorités françaises compétentes en matière de biodiversité. Cette mesure s'applique sur l'ensemble du territoire national, mettant fin à une pratique qui pouvait encore être autorisée dans certaines zones ou périodes. Jusqu'à présent, la chasse du grand tétras et du lagopède alpin était soumise à des quotas et des périodes de tir strictes, mais les populations continuaient de décliner. Les défenseurs de l'environnement saluent cette décision, soulignant que ces oiseaux sont des indicateurs de la santé des écosystèmes alpins et forestiers. Des études récentes estiment que les effectifs du grand tétras ont diminué de 30 % en France sur les vingt dernières années, tandis que ceux du lagopède alpin restent stables mais localement fragiles.
Cette protection s'inscrit dans un cadre plus large de préservation de la biodiversité alpine, un écosystème particulièrement vulnérable aux changements climatiques et aux pressions humaines. Les Alpes françaises abritent une faune et une flore adaptées à des conditions extrêmes, mais ces milieux sont aujourd'hui menacés par le réchauffement climatique, qui modifie les habitats naturels et les ressources alimentaires disponibles. Le grand tétras et le lagopède alpin dépendent en effet de milieux spécifiques, comme les forêts de mélèzes ou les landes d'altitude, qui se raréfient. Les scientifiques estiment que ces espèces pourraient perdre jusqu'à 50 % de leur habitat d'ici 2050 si les tendances actuelles se poursuivent. La protection renforcée de ces oiseaux s'accompagne donc d'efforts pour restaurer leurs habitats et limiter les autres pressions, comme le pastoralisme intensif ou le développement des infrastructures touristiques.
Cette décision a été accueillie favorablement par les associations de protection de la nature, comme la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ou France Nature Environnement, qui militent depuis des années pour la protection de ces espèces. Ces organisations rappellent que le grand tétras et le lagopède alpin sont protégés au niveau européen par la Directive Oiseaux de 2009, qui impose aux États membres de garantir leur survie. En France, leur chasse était déjà interdite dans plusieurs régions, comme en Auvergne-Rhône-Alpes ou en Nouvelle-Aquitaine, mais cette mesure généralise la protection à l'échelle nationale. Certains chasseurs, représentés par des fédérations comme la Fédération nationale des chasseurs, ont exprimé des réserves, estimant que les populations de ces oiseaux sont suffisamment stables pour permettre une régulation par la chasse. Cependant, les autorités ont privilégié une approche prudente, en l'absence de données scientifiques consensuelles sur l'impact réel de la chasse sur ces espèces.
Outre l'interdiction de chasse, des mesures complémentaires sont prévues pour soutenir les populations de grand tétras et de lagopède alpin. Parmi elles, des programmes de restauration des habitats, comme le reboisement de zones dégradées ou la création de corridors écologiques pour faciliter leurs déplacements. Des études scientifiques seront également menées pour mieux comprendre leurs besoins et adapter les politiques de conservation. Ces actions s'inscrivent dans le cadre de la *Stratégie nationale pour la biodiversité* (SNB), adoptée en 2011 et révisée en 2021, qui fixe des objectifs ambitieux pour protéger 30 % des terres et des mers françaises d'ici 2030. Le financement de ces mesures provient en partie des fonds européens, notamment du *Fonds européen pour la pêche et les affaires maritimes* (FEAMP) et du *Fonds européen agricole pour le développement rural* (FEADER), qui soutiennent les projets de conservation en milieu rural.

