7 Octobre, trois ans plus tard : l’insoutenable déni de responsabilité de Nétanyahou
Dans un article au vitriol contre le Premier ministre israélien publié par “Ynet”, le journaliste israélien et coréalisateur de la célèbre série “Fauda” Avi Issacharoff critique Benyamin Nétanyahou, l’accusant d’avoir été à l’origine du “cataclysme” il y a trois ans et de se borner, encore aujourd’hui, à nier toute responsabilité dans la faille sécuritaire ayant mené au massacre..
Le 7 octobre 2023 marque une date tragique pour Israël, lorsque le mouvement Hamas lance une attaque sans précédent depuis la bande de Gaza, ciblant des civils et des militaires israéliens. Cet événement, qualifié de cataclysme par le journaliste Avi Issacharoff, a causé la mort de plus de 1 200 personnes en Israël et conduit à la prise en otage de centaines d’autres. Le Hamas, mouvement islamiste palestinien considéré comme une organisation terroriste par plusieurs pays dont Israël, les États-Unis et l’Union européenne, contrôle la bande de Gaza depuis 2007. Cette attaque a déclenché une guerre entre Israël et le Hamas, toujours en cours trois ans plus tard. Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou est aujourd’hui critiqué pour sa gestion de la crise avant et après ces événements.
Trois jours avant l’attaque du 7 octobre 2023, les Émirats arabes unis (EAU) ont transmis un avertissement à Israël via un canal diplomatique discret, signalant une préparation d’attaque majeure par le Hamas. Cet avertissement n’a pas été partagé par Benyamin Nétanyahou lors d’une réunion cruciale du 1er octobre 2023 avec ses hauts responsables de sécurité, dont Ronen Bar, alors directeur du Shin Bet (le service de renseignement intérieur israélien). Pire, Nétanyahou aurait ordonné de « préserver le calme » dans la bande de Gaza, malgré l’urgence de la situation. Le Shin Bet est l’un des trois services de renseignement israéliens, chargé de la sécurité intérieure et de la lutte contre le terrorisme. Cette négligence est aujourd’hui pointée du doigt comme l’une des causes de l’échec de la prévention de l’attaque.
Trois ans après le 7 octobre, Benyamin Nétanyahou continue de refuser la création d’une commission d’enquête indépendante pour analyser les défaillances sécuritaires ayant conduit à l’attaque. Selon Avi Issacharoff, journaliste israélien et co-scénariste de la série Fauda, ce refus s’explique par la peur de Nétanyahou de voir sa responsabilité personnelle mise en cause. En effet, plusieurs enquêtes journalistiques et révélations de la presse israélienne et étrangère suggèrent que Nétanyahou a minimisé les risques et ignoré des signaux d’alerte. Son déni de responsabilité est qualifié d’insoutenable par les observateurs, d’autant plus que les preuves s’accumulent contre lui.
Benyamin Nétanyahou, surnommé Bibi, est Premier ministre d’Israël depuis 2009, avec une interruption entre 2021 et 2022. Son gouvernement est marqué par une ligne politique dure envers les Palestiniens et une opposition farouche à la création d’un État palestinien. Les critiques à son égard s’intensifient depuis le 7 octobre, notamment en raison de sa gestion de la crise humanitaire à Gaza et de son refus de rendre des comptes. Son parti, le Likoud, est un parti de droite nationaliste israélien. La pression pour une enquête indépendante s’inscrit dans un contexte plus large de contestation de sa légitimité, alors que des manifestations massives ont eu lieu en Israël pour exiger sa démission.
La communauté internationale suit de près la situation en Israël et à Gaza, où la guerre a causé la mort de plus de 40 000 Palestiniens selon les autorités locales, et plongé la population dans une crise humanitaire sans précédent. Plusieurs pays, dont les États-Unis, ont appelé à une enquête transparente sur les défaillances israéliennes avant le 7 octobre. Le refus de Nétanyahou de coopérer avec une commission indépendante est perçu comme un obstacle à la recherche de la vérité et à la stabilisation de la région. Les révélations sur son rôle dans la négligence sécuritaire alimentent également les tensions diplomatiques, notamment avec les pays arabes modérés qui avaient tenté d’avertir Israël.

