Au Maroc, et si Fatima Zahra Mansouri était nommée à la tête du gouvernement ?
La forte abstention et la redistribution des cartes au sein du tiercé gagnant sont les premières leçons des élections législatives du mercredi 23 septembre. Désormais, la question est de savoir qui sera nommé à la tête du gouvernement par le roi Mohamed VI.
Lors des élections législatives marocaines du 23 septembre 2026, le Parti authenticité et modernité (PAM), formation politique de centre gauche créée en 2008, a remporté 97 sièges à la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement marocain. Ce score le place en tête des résultats, devant le Rassemblement national des indépendants (RNI) avec 66 sièges et le Parti de l’Istiqlal avec 65 sièges. Selon la Constitution marocaine de 2011, le parti arrivé en tête des élections est chargé de former la prochaine coalition gouvernementale et de proposer un candidat au poste de Premier ministre. Le PAM pourrait donc diriger le gouvernement, une première dans l’histoire politique du Maroc si son choix est validé par le roi Mohamed VI.
Parmi les personnalités pressenties pour devenir Premier ministre, Fatima Zahra Mansouri, 50 ans, occupe une position centrale. Membre de la direction collective du PAM, elle est maire de Marrakech depuis 2021 et a occupé le poste de ministre de l’Aménagement du territoire entre 2021 et 2026. Avocate de formation, elle a également siégé à la Chambre des représentants de 2011 à 2021. Son expérience politique et sa proximité avec le PAM en font une candidate sérieuse pour diriger le gouvernement. Si elle est nommée, elle deviendrait la première femme à occuper ce poste au Maroc. La BBC, dans son édition arabophone, souligne que sa désignation est très probable, sous réserve de l’approbation royale. Le roi Mohamed VI, chef de l’État marocain, a le dernier mot dans la nomination du Premier ministre.
Outre Fatima Zahra Mansouri, d’autres noms circulent pour le poste de Premier ministre. Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football et ministre délégué chargé du budget entre 2021 et 2026, est également évoqué par la chaîne de télévision panarabe Al-Arabiya. Son profil, lié au sport et à l’économie, pourrait séduire une partie de la coalition gouvernementale. Cependant, le PAM, parti arrivé en tête des élections, semble privilégier l’un de ses membres pour diriger le gouvernement. La décision finale dépendra des négociations entre les partis politiques et de l’arbitrage du roi Mohamed VI, garant de l’équilibre institutionnel au Maroc.
Le Maroc fonctionne selon un système politique semi-parlementaire où le roi, actuel monarque depuis 1999, conserve des prérogatives importantes. La Constitution de 2011 a renforcé le rôle du Parlement et du Premier ministre, tout en maintenant le roi comme chef suprême des armées et garant de la religion. Les élections législatives de 2026 ont donc une importance particulière, car elles déterminent la composition du gouvernement et les priorités politiques pour les années à venir. Le PAM, en tête des résultats, devra composer avec d’autres partis pour former une coalition stable. La nomination d’une femme à la tête du gouvernement marquerait une avancée symbolique dans un pays où les femmes occupent encore peu de postes de responsabilité politique.

