Le Congrès américain adopte un nouveau paquet de sanctions contre la Russie
C'est la première action de taille du Congrès contre Moscou depuis le retour au pouvoir de Trump..
Le Congrès des États-Unis a adopté un nouveau paquet de sanctions contre la Russie et ses alliés, ciblant notamment leur rôle dans la guerre en Ukraine. Ce texte, déjà approuvé par le Sénat, a été voté à la Chambre des représentants par 262 voix contre 159. Il s’agit de la première mesure majeure prise par le Congrès contre Moscou depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, président républicain. Les sanctions visent plusieurs secteurs clés de l’économie russe : l’énergie, la défense, ainsi que des personnalités comme le président Vladimir Poutine. Une innovation de ce projet de loi est la volonté de s’attaquer à la flotte fantôme russe, un ensemble de pétroliers qui contourne les embargos en utilisant des techniques de camouflage pour transporter du pétrole russe vers des pays comme la Chine ou l’Inde.
Le texte accorde au président américain le pouvoir d’imposer des droits de douane pouvant atteindre jusqu’à 100 % sur les importations de gaz et de pétrole russes en provenance des cinq principaux pays acheteurs, dont la Chine et l’Inde. Cette disposition pourrait bloquer l’adoption définitive de la loi, car elle donne un pouvoir économique important à Donald Trump, connu pour son utilisation fréquente des tarifs douaniers comme outil de négociation. Les démocrates soutiennent les sanctions contre la Russie, mais ils sont réticents à confier à Trump un tel pouvoir, notamment en raison de ses positions économiques passées, comme l’imposition de tarifs douaniers contre le Canada en 2025.
Le projet de loi porte le nom du sénateur républicain Lindsey Graham, décédé en juillet 2026, un défenseur historique de l’Ukraine et critique farouche de la Russie et de l’Iran. Graham avait poussé ce texte depuis avril 2025, mais son adoption a été retardée par les réticences de Donald Trump, qui préfère agir seul plutôt que de donner du pouvoir au Congrès. Un accord a finalement été trouvé au début de l’été 2026, permettant son approbation par le Sénat avec 86 voix contre 11. La Chambre des représentants, sous pression électorale, doit maintenant finaliser le texte avant le 3 novembre 2026, date des élections législatives américaines de mi-mandat.
Ces sanctions visent à affaiblir les ressources financières de la Russie, accusée de financer sa guerre en Ukraine grâce aux revenus de ses exportations d’énergie. Selon Svitlana Romanko, directrice de l’organisation *Razom We Stand*, chaque jour de retard dans l’application des sanctions se traduit par davantage de victimes en Ukraine, où les frappes russes, comme celle ayant fait au moins cinq morts dans un bus le 12 septembre 2026, se multiplient. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a activement soutenu ce texte lors d’une visite à Washington en juillet 2026, soulignant l’urgence d’agir pour stopper les flux financiers alimentant l’effort de guerre russe.

