À Québec, les planches partagées entre créations, adaptations et reprises
Cette année encore, les reprises et les pièces de passage seront nombreuses sur les planches à Québec..
La saison culturelle automnale 2026 à Québec met en avant un équilibre entre créations originales, adaptations et reprises de spectacles, une tendance qui s’est renforcée ces dernières années. Contrairement à Montréal, où les créations dominent souvent, Québec privilégie un mélange varié, avec une forte présence d’adaptations littéraires ou théâtrales. Par exemple, des pièces comme La version qui n’intéresse personne (adaptée d’un roman de Emmanuelle Pierrot) ou Terre des hommes (inspirée de l’œuvre de Saint-Exupéry) illustrent cette dynamique. Les reprises, comme Le vote stratégique ou 887 de Robert Lepage, occupent aussi une place importante, permettant aux spectateurs de découvrir ou redécouvrir des spectacles ayant marqué la scène montréalaise ou locale. Cette diversité reflète une volonté de toucher un public large, en proposant des propositions artistiques variées, allant du théâtre classique à des formes plus expérimentales.
Plusieurs spectacles inédits sont à l’affiche pour cette rentrée. La soirée lumineuse, créée par Michel Nadeau et présentée à La Bordée, s’inspire de l’émission La soirée canadienne diffusée entre 1960 et 1983. Ce cabaret rassemble textes, chansons et citations politiques marquantes du Québec, comme Speak White ou le manifeste Refus global, pour retracer une trame culturelle collective. Autre création notable, Les distances, portée par le Théâtre Sortie de secours au Périscope en octobre, raconte l’histoire d’une journaliste retraitée vivant à Barcelone, contrainte de dépendre de son entourage en raison de problèmes de santé. Ce projet, co-créé avec des artistes catalans, explore un angle peu traité : les défis des migrations lorsque la vieillesse ou la maladie surviennent loin de ses proches. Enfin, Libre – Dire oui, une production du Théâtre Rude Ingénierie, mêle performance et musique électronique pour interroger les relations entre humains et machines, avec une participation active du public.
L’automne 2026 propose plusieurs adaptations d’œuvres littéraires ou graphiques. La version qui n’intéresse personne, tirée d’un roman d’Emmanuelle Pierrot et mise en scène par Marie-Ève Milot au Trident en novembre, plonge dans une communauté marginale du Yukon pour aborder les violences conjugales, indépendamment des frontières géographiques. Terre des hommes, présentée à Premier Acte en octobre, retrace le récit d’Antoine de Saint-Exupéry, pilote de l’Aéropostale, dont l’avion s’écrase dans le désert du Sahara en décembre 1935. Ce spectacle utilise le théâtre d’objets et des jeux d’ombre pour recréer l’univers de l’écrivain. Enfin, Whitehorse, adapté de la bande dessinée de Samuel Cantin, sera joué au Diamant en novembre. Ce spectacle humoristique, signé par Guillaume Laurin et Sébastien Tessier, transpose sur scène l’esprit déjanté du bédéiste.
Plusieurs spectacles déjà présentés à Montréal ou ailleurs sont repris à Québec. Le vote stratégique, une satire politique des bouffons du collectif Hommeries!, sera rejoué à Premier Acte. Ce spectacle, créé en 2025, utilise l’humour et la dérision pour commenter l’actualité, un angle qui pourrait résonner particulièrement avec le contexte des élections québécoises. Dimanche à Sodome, créé au Périscope en 2024 par la compagnie Les Écornifleuses, sera repris à La Bordée. Cette pièce, mise en scène par Jocelyn Pelletier, aborde des enjeux féministes avec justesse. Enfin, 887 de Robert Lepage, un spectacle autobiographique sur son enfance à Québec, aura une série de représentations au Diamant fin novembre. La saison accueille aussi des spectacles passés par Montréal, comme Laarm de Ploers, une satire de Christian Lapointe explorant la provocation artistique, ou Mommy, le retour, une création d’Olivier Choinière mêlant théâtre, rap et humour pour critiquer les discours réactionnaires.
Les spectacles de cette saison sont répartis dans plusieurs salles de Québec, chacune ayant sa spécialité. Le Trident, dirigé par le Théâtre du Nord (France) en collaboration avec des partenaires congolais et québécois, propose des créations comme *Dom Juan ou le festin de Pierre*, une réinterprétation critique de l’œuvre de Molière. Le Périscope, salle pluridisciplinaire, accueille des spectacles variés comme *Les distances* ou *Laarm de Ploers*, tout en reprenant *Dimanche à Sodome*. La Bordée, spécialisée dans les créations originales, présente *La soirée lumineuse* et reprend *Dimanche à Sodome*. Premier Acte met en avant des spectacles comme *Le vote stratégique* ou *Terre des hommes*, tandis que le Diamant programme des reprises comme *887* ou *Mommy, le retour*, ainsi que des créations comme *Whitehorse*. Cette dispersion géographique permet de toucher différents publics et de diversifier l’offre culturelle.

