Amnistie internationale réclame l’abolition de l’ICE aux États-Unis
Un rapport « recense les violations généralisées » des droits de la personne par la police de l'immigration..
Amnistie internationale, une organisation internationale de défense des droits humains, a publié un rapport le 24 septembre 2026 appelant à la suppression immédiate de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement), une agence fédérale américaine chargée de l'application des lois sur l'immigration et les douanes. Selon l'ONG, l'ICE mène des opérations anti-migrants brutales sous l'administration de Donald Trump, avec des violations massives des droits humains. Le rapport, intitulé On avait des sifflets. Eux, des pistolets, s'appuie sur plus de 150 témoignages recueillis entre mars et juin 2026 dans quatre villes américaines : Chicago, La Nouvelle-Orléans, Minneapolis et Washington. L'organisation souligne que ces violations ne sont pas des cas isolés, mais un schéma récurrent. L'ICE est critiquée pour son manque de respect du droit international relatif aux droits de la personne.
Le rapport d'Amnistie internationale met en lumière plusieurs cas de violences mortelles impliquant des agents de l'ICE. En janvier 2026, deux citoyens américains, Renee Nicole Good, une mère de famille de 37 ans, et Alex Pretti, un infirmier du même âge, ont été tués par balles par des agents fédéraux lors d'opérations à Minneapolis. Renee Good a été abattue par un agent de l'ICE, tandis qu'Alex Pretti a été tué par la Border Patrol (une autre agence de contrôle des frontières). Les deux décès sont survenus en pleine rue et en plein jour, à moins de trois semaines d'intervalle. En septembre 2026, un migrant vénézuélien, Wilber Garces Perez, a également été blessé par un tir d'agent de l'ICE à Austin, au Texas, ravivant les critiques contre les méthodes jugées brutales de cette agence.
Amnistie internationale accuse le gouvernement de Donald Trump de mettre en place un système de détention et d'expulsion massives des migrants, demandeurs d'asile et réfugiés, alimenté par des discours racistes, xénophobes et mensongers. Le rapport documente des discriminations raciales, des détentions arbitraires, du harcèlement, de l'intimidation, des traitements dégradants et des recours injustifiés à la force par des agents fédéraux. L'ONG souligne également des conditions de détention inhumaines, des privations de procédures régulières et des homicides illégaux imputables à des agents fédéraux. Ces pratiques ne sont pas des exceptions, mais un schéma récurrent dans les opérations de l'ICE, selon l'organisation.
Les opérations de l'ICE ciblent principalement quatre grandes villes américaines : Chicago, La Nouvelle-Orléans, Minneapolis et Washington. Ces villes ont été choisies en raison de leur forte concentration de populations migrantes ou demandeuses d'asile. Le contexte politique est marqué par la présidence de Donald Trump, dont les politiques migratoires sont régulièrement critiquées pour leur dureté. L'administration Trump a demandé à l'ICE de maintenir ses contrôles routiers, suspendus après les décès de Renee Good et Alex Pretti. Ces événements illustrent les tensions autour des politiques migratoires aux États-Unis, où les méthodes de l'ICE sont de plus en plus contestées.
Face aux violations généralisées des droits humains documentées dans son rapport, Amnistie internationale appelle à l'abolition pure et simple de l'ICE. L'organisation estime que cette agence est structurellement défaillante et ne peut être réformée. Nadia Daar, une représentante d'Amnistie internationale, affirme que si les États-Unis ne disposent pas d'un système de contrôle de l'immigration respectueux du droit international, il est nécessaire de supprimer l'ICE. L'ONG insiste sur la nécessité de mettre fin aux discours racistes et xénophobes qui alimentent ces politiques, et de garantir le respect des droits fondamentaux des migrants et des demandeurs d'asile.

