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Généraliste

La Floride considère supprimer les taxes foncières et refiler la note aux Canadiens

ICI Radio-Canada · mis à jour 4 oct.

Les résidents temporaires, principalement Canadiens, pourraient subir une forte hausse de taxe..

Proposition fiscale controversée

Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, propose un amendement constitutionnel (n°3) visant à supprimer ou réduire les taxes foncières pour les résidents permanents de l'État. Selon lui, ces impôts représentent une charge injuste pour les propriétaires qui utilisent leur bien. Les Floridiens dont la résidence principale est évaluée à 250 000 dollars américains ou moins seraient exonérés, tandis que les autres bénéficieraient de réductions progressives. À terme, l'objectif est d'éliminer totalement cette taxe pour les résidents permanents. Cette mesure coûterait environ 12 milliards de dollars américains par an aux finances locales, selon les économistes de Floride. Pour compenser ce manque à gagner, l'amendement prévoit d'augmenter jusqu'à 5 % par an la valeur imposable des résidences secondaires détenues par des non-résidents, comme les Canadiens.

Cibles des snowbirds

Les snowbirds sont des Canadiens, souvent retraités, qui passent l'hiver en Floride pour échapper au froid canadien. Ils possèdent pour environ 60 milliards de dollars américains de biens immobiliers dans cet État, selon la consule générale du Canada à Miami. Ron DeSantis souhaite cibler spécifiquement ces propriétaires en augmentant leurs taxes foncières, car ils ne résident pas en Floride de manière permanente. Il a déclaré publiquement ne pas vouloir accorder de réductions d'impôts aux Canadiens, affirmant que les touristes étrangers, dont les Canadiens, devraient financer les baisses d'impôts pour les résidents permanents. Cette politique s'inscrit dans une série de mesures perçues comme hostiles envers les Canadiens depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Conséquences économiques

La suppression des taxes foncières pour les résidents permanents pourrait entraîner des coupes budgétaires drastiques dans les collectivités locales floridiennes. Ces dernières devraient soit réduire leurs dépenses, soit trouver de nouvelles sources de revenus pour compenser le manque à gagner de 12 milliards de dollars américains par an. Les petites entreprises dépendantes du tourisme canadien, comme les commerces ou les locations saisonnières, pourraient également souffrir. Edie Ousley, porte-parole du groupe Vote No on 3 s'opposant à l'amendement, craint que cette mesure ne déstabilise davantage le marché immobilier, déjà fragilisé par des mises en vente massives de propriétés détenues par des Canadiens.

Réactions des Canadiens

De nombreux Canadiens propriétaires en Floride perçoivent cette mesure comme une nouvelle provocation, s'ajoutant à une série d'insultes depuis l'élection de Donald Trump en 2024. Glenn McGill, un Ontarien passant ses hivers à North Fort Myers depuis 15 ans, illustre ce mécontentement. Bien que sa famille puisse se permettre de payer plus d'impôts, il juge cette augmentation injuste et a mis sa maison en vente. D'autres Canadiens, comme Lilly White ou Jo-Ann Rowe, quittent définitivement la Floride pour des destinations comme le Mexique, en raison de l'ambiance politique et des nouvelles contraintes fiscales. Ces départs réduisent la fréquentation des communautés de retraités, autrefois très dynamiques.

Ce que ça pourrait changer

L'amendement n°3 doit être approuvé par au moins 60 % des électeurs floridiens pour entrer en vigueur. Un sondage récent suggère que cette majorité pourrait être atteinte. Ron DeSantis, républicain et figure montante du parti, mise sur cette proposition pour renforcer son image avant les élections de mi-mandat du mois suivant. Son objectif est de séduire l'électorat local en promettant des baisses d'impôts, tout en ciblant les non-résidents pour financer ces mesures. Cependant, cette stratégie divise : certains y voient une solution pour dynamiser l'économie locale, tandis que d'autres, comme les groupes opposés à l'amendement, craignent des conséquences négatives sur le marché immobilier et le tourisme.

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