États-Unis : accusés d’avoir voté illégalement, des Canadiens risquent l’expulsion
Trois Canadiens ont été ciblés en moins de deux semaines lors de leur retour aux États-Unis..
Page Adamson, une Canadienne résidant aux États-Unis depuis 14 ans, a été interrogée le 15 septembre 2026 au poste-frontière de Point Roberts (État de Washington) après un voyage en Colombie-Britannique. Une agente frontalière lui a demandé si elle avait voté aux élections fédérales américaines. Bien qu'elle ait répondu non, elle a été contrainte de se ranger sur le côté et conduite dans les bureaux du poste frontalier. Elle décrit avoir été traitée comme une criminelle, sans possibilité de sortir fumer une cigarette, avant de signer un document attestant ne pas appartenir à un groupe terroriste. Selon les documents obtenus par Radio-Canada, le département américain de la Sécurité intérieure (DHS) l'accuse d'avoir faussement déclaré être citoyenne américaine pour s'inscrire sur les listes électorales du comté de Whatcom (État de Washington) et avoir voté lors des élections générales de 2018.
Len Saunders, un avocat spécialisé en immigration à Blaine (État de Washington), a été contacté par deux autres Canadiens dans une situation similaire à celle de Page Adamson en l'espace de dix jours. Selon lui, ces personnes se seraient inscrites sur les listes électorales sans en avoir conscience, souvent après avoir obtenu leur permis de conduire. Chris Anders, un avocat en immigration en Colombie-Britannique, explique que certains détenteurs de carte verte (permis de séjour permanent aux États-Unis) peuvent se retrouver inscrits sur les listes électorales après avoir demandé un permis de conduire, car l'inscription électorale est parfois liée à ce processus. Or, pour s'inscrire, il faut signer une déclaration indiquant être citoyen américain, ce qui constitue une fausse déclaration de citoyenneté passible de sanctions sévères selon les lois sur l'immigration.
Depuis mars 2025, l'administration américaine a renforcé les contrôles sur le vote des non-citoyens. Deux décrets signés par le président Donald Trump ont été mis en place pour identifier les non-citoyens inscrits sur les listes électorales. Le premier décret, daté du 25 mars 2025, ordonne au DHS (département de la Sécurité intérieure) de comparer les listes électorales publiques des États avec les bases de données fédérales sur l'immigration. Le second décret, adopté un an plus tard, vise à créer une infrastructure pour vérifier la citoyenneté des électeurs. Ces mesures ont permis au gouvernement fédéral d'identifier des personnes comme Page Adamson et de placer des alertes sur elles lors de leur retour aux États-Unis. Len Saunders conseille aux détenteurs de carte verte de rester aux États-Unis pendant les fêtes comme l'Action de grâce ou Noël pour éviter tout risque.
En juin 2026, le DHS a annoncé une application plus stricte des règles contre les non-citoyens ayant voté illégalement, incluant des procédures d'expulsion et des poursuites criminelles. James Percival, conseiller juridique du DHS, a justifié cette politique en déclarant que le vote illégal d'étrangers dilue les votes des citoyens américains et mine la démocratie. Depuis janvier 2026, au moins trois autres Canadiens ont été accusés de voter illégalement sans être citoyens américains : Franc Neil Maloney en Alabama (inculpé en janvier), Sunny Manhertz au Massachusetts (accusé en mai) et Christiane Vinette Young, 75 ans, inculpée de trois chefs d'accusation le 23 septembre 2026. Si elle est reconnue coupable, elle risque jusqu'à trois ans de prison fédérale. Ces mesures s'inscrivent dans une politique fédérale plus large visant à renforcer la lutte contre l'immigration illégale et le vote non autorisé.

