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Généraliste

De plus en plus d’espèces d’oiseaux disparaissent du ciel

Le Devoir · mis à jour 10 sept.

Le déclin inquiétant de plusieurs espèces est directement lié à la destruction des milieux naturels..

Déclin des oiseaux

Plusieurs espèces d’oiseaux autrefois communes au Québec voient leur population s’effondrer à un rythme alarmant. Par exemple, l’hirondelle rustique (ou hirondelle des granges) a perdu 75 % de ses effectifs depuis quelques décennies, tandis que l’hirondelle de rivage et l’hirondelle à front blanc ont vu leur nombre chuter de 95 % au Canada. Le moineau domestique, un oiseau urbain bien connu, a décliné de 88 % depuis 1970, et l’étourneau sansonnet de 86 %. Ces reculs s’expliquent principalement par la destruction des milieux naturels, la baisse des populations d’insectes et les effets du changement climatique. Jean-Sébastien Guénette, directeur de l’organisme QuébecOiseaux, souligne que ce phénomène touche aussi bien les oiseaux des villes que ceux des campagnes ou des milieux humides.

Oiseaux insectivores en danger

Les oiseaux qui se nourrissent d’insectes, comme les hirondelles, le moucherolle phébi ou l’engoulevent d’Amérique, sont particulièrement touchés par ce déclin. Selon les données fédérales, les populations d’insectivores ont reculé de 43 % au Canada depuis 1970. La réduction des insectes, causée par l’usage de pesticides, les pratiques agricoles intensives et la disparition de leurs habitats, est identifiée comme une cause majeure de ce phénomène. Le rapport Tendances des populations d’oiseaux au Canada (2025) précise que ces oiseaux jouent un rôle clé dans les écosystèmes, notamment en limitant les populations d’insectes nuisibles. Leur disparition pourrait donc avoir des répercussions bien au-delà de leur propre survie.

Migrations et milieux humides

Les oiseaux migrateurs, comme la paruline, l’oriole de Baltimore ou le tyran tritri, subissent aussi un déclin marqué. Ces espèces parcourent chaque année de longues distances entre le Canada et l’Amérique centrale ou tropicale, mais leur survie est menacée par la dégradation de leurs habitats, notamment dans le sud du Québec. Les milieux humides, essentiels pour des oiseaux comme le héron vert, sont particulièrement touchés : plus de 140 espèces y avaient été recensées avant la destruction de sites comme celui du projet Northvolt. Les oiseaux des prairies, comme la crécerelle d’Amérique ou le goglu des prés, ainsi que les limicoles (oiseaux des rivages), sont également en danger en raison de la destruction de leurs nids et du dérangement humain sur les plages.

Causes humaines

L’activité humaine est la principale responsable du déclin des oiseaux. La destruction des milieux naturels, notamment dans le sud du Québec où les forêts et les zones humides disparaissent, réduit les habitats disponibles. L’utilisation massive de pesticides en agriculture diminue aussi les ressources alimentaires pour les oiseaux insectivores. Les collisions avec les fenêtres tuent en moyenne plus de 25 millions d’oiseaux par an au Canada, surtout lors des migrations en milieu urbain. Les collisions avec des véhicules ou des lignes électriques, ainsi que la prédation par les chats domestiques (qui tuent des dizaines de millions d’oiseaux chaque année), aggravent encore la situation. Ces menaces sont documentées dans un rapport d’Oiseaux Canada publié en 2024.

Ce que ça pourrait changer

Pour inverser cette tendance, plusieurs mesures peuvent être mises en place. À l’échelle collective, le gouvernement du Québec s’est engagé à protéger 30 % des milieux terrestres et aquatiques d’ici 2030, un objectif encore loin d’être atteint (17 % actuellement, avec des taux bien inférieurs dans le sud de la province). Les citoyens peuvent aussi contribuer en gardant leurs chats à l’intérieur, en réduisant les collisions avec les fenêtres (par exemple en fermant les lumières ou les rideaux pendant les migrations), et en soutenant les initiatives de protection des habitats. Des organismes comme QuébecOiseaux ou Oiseaux Canada encouragent ces actions, tout en soulignant que la protection des milieux naturels reste la solution la plus efficace pour préserver la biodiversité aviaire.

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