Amine Kessaci, le militant qui défie le plus grand cartel de drogue de Marseille
Au moment où s’ouvrait le procès d’un triple assassinat commis en décembre 2020 près de Marseille, “The Guardian” de Londres est allé à la rencontre d’Amine Kessaci, 23 ans, demi-frère de l’une des victimes. Vivant sous une menace constante, le jeune Marseillais dénonce l’emprise grandissante des gangs sur les quartiers populaires..
Amine Kessaci est un jeune militant marseillais de 23 ans, étudiant en droit et demi-frère de Brahim Chabane, l’une des victimes d’un triple assassinat commis en décembre 2020 près de Marseille. Depuis ce drame, il est devenu une figure publique en dénonçant l’emprise des cartels de drogue sur les quartiers populaires de la ville. Vivant sous une protection constante en raison des menaces pesant sur lui, il est considéré comme l’une des personnalités les plus protégées de France. Son engagement vise à alerter sur la montée en puissance des gangs de narcotrafiquants, qui utilisent la violence comme méthode principale pour imposer leur domination.
L’article évoque le plus grand cartel de drogue de Marseille, un réseau criminel organisé qui étend son influence bien au-delà de la ville, selon les autorités françaises. Ce cartel fonctionne sur le modèle des organisations latino-américaines, avec une structure hiérarchisée et une utilisation systématique de la violence pour contrôler les territoires et les populations. Les trafiquants de drogue (narcos) et les gangs (narcobandits) imposent leur loi dans les quartiers défavorisés, où ils recrutent parfois des jeunes, surnommés enfants soldats, pour des missions illégales. Leur pouvoir repose sur la terreur et l’intimidation, rendant toute résistance dangereuse.
Depuis octobre 2026, le procès d’un triple assassinat lié à ce cartel se déroule à Aix-en-Provence, illustrant l’ampleur de la menace que représentent ces réseaux criminels. Selon le gouvernement français, le narcotrafic est désormais considéré comme une menace plus importante pour le pays que le terrorisme. Les gangs ne se contentent plus de vendre de la drogue : ils infiltrent les économies locales, corrompent des institutions et imposent leur propre justice dans les quartiers. Leur influence s’étend même à d’autres villes françaises, comme Dijon, où des gangs marseillais ont récemment étendu leurs activités.
Amine Kessaci vit sous protection policière permanente en raison des risques qu’il encourt. Les trafiquants voient en lui une menace car il organise la solidarité collective et dénonce publiquement leurs agissements. Il utilise des mots pour contrer leur violence, ce qui, selon lui, est perçu comme une provocation par les cartels. Pour échapper à leurs tueurs à gage, il change de lieu de résidence chaque nuit. Son combat s’inscrit dans une volonté de briser l’omerta qui entoure ces réseaux et de mobiliser l’opinion publique contre leur emprise.
Le procès en cours à Aix-en-Provence, ouvert le 19 octobre 2026, est emblématique de la lutte que la France mène contre ces cartels. Cinq hommes sont accusés d’avoir participé au meurtre du demi-frère d’Amine Kessaci. Ce procès met en lumière la violence structurelle de ces organisations, qui n’hésitent pas à éliminer ceux qui s’opposent à elles. La situation à Marseille reflète une crise plus large du narcobanditisme en France, où ces gangs deviennent une menace systémique pour la sécurité et la cohésion sociale.

