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Fin de la captivité des cétacés au Canada : les bassins de Marineland maintenant vides

ICI Radio-Canada · mis à jour 1 sept.

Le départ des 30 bélugas concrétise la plus vaste opération de déplacement de cétacés au monde..

Fin captivité cétacés Canada

Le Canada a officiellement mis fin à la captivité des cétacés sur son territoire après le départ du dernier béluga, Tofino, des bassins de Marineland en Ontario. Ce transfert, effectué en août 2024, marque la fin d’une ère puisque Marineland, autrefois le parc d’attractions le plus populaire du pays, a dû évacuer 30 bélugas et 4 dauphins vers cinq aquariums aux États-Unis et en Espagne. Cette opération, la plus grande du genre au monde, a été rendue possible par une loi fédérale adoptée en 2019 interdisant la reproduction et les spectacles impliquant des cétacés en captivité. Marineland, fondé en 1961, a dû adapter ses activités après le décès de son fondateur, John Holer, et la pandémie de COVID-19 qui a fragilisé son modèle économique.

Origines captivité cétacés

La captivité des cétacés au Canada remonte à 1964 avec l’arrivée de Moby Doll, une orque capturée par l’Aquarium de Vancouver. Initialement destinée à être tuée pour une exposition, l’orque a survécu 88 jours en captivité avant de mourir. Cette expérience a malgré tout lancé une industrie basée sur l’exploitation des mammifères marins, notamment des orques, des bélugas et des dauphins, pour des spectacles et des attractions touristiques. Marineland, créé en 1961, est devenu un symbole de cette industrie avant de décliner en raison des changements législatifs et des critiques croissantes contre la captivité animale.

Transfert des derniers cétacés

Le transfert des six derniers bélugas de Marineland a nécessité une logistique complexe impliquant une douzaine de personnes. Les animaux, comme Odin ou Tofino, ont été placés dans des civières matelassées pour éviter les blessures avant d’être hissés par une grue et transportés dans des bassins sur des remorques. Certains soigneurs, comme Taylor-Lee Dell, ont exprimé une profonde émotion, décrivant ces animaux comme des membres de leur famille. Le parc a justifié ces transferts par l’impossibilité de maintenir les cétacés en raison de difficultés financières et de l’absence de revenus suffisants. Les destinations incluaient l’aquarium Shedd de Chicago, SeaWorld à San Antonio, et l’Oceanogràfic de Valence en Espagne.

Risques et défis du transfert

Le transfert des cétacés n’a pas été sans risques. Par exemple, Peekachu, un béluga de 23 ans, est décédé deux semaines après son arrivée à l’aquarium Shedd de Chicago, officiellement en raison d’une grave déshydratation. Les experts soulignent que l’acclimatation des animaux à leur nouvel environnement demande du temps, de la patience et une adaptation progressive à leurs nouveaux soigneurs et congénères. Les aquariums de destination, comme Shedd ou SeaWorld, doivent désormais évaluer l’état de santé des animaux, leurs habitudes alimentaires et leurs interactions sociales pour assurer leur bien-être à long terme.

Problèmes de Marineland

Marineland a connu des années difficiles marquées par des problèmes de qualité de l’eau, des décès d’animaux et des tensions avec les autorités. Depuis 2019, 1 orque, 1 dauphin et 19 bélugas sont morts dans le parc, selon un décompte préliminaire. En 2021, les autorités provinciales ont confirmé que les mammifères marins étaient en état de détresse en raison de la mauvaise qualité de l’eau. Bien que Marineland ait investi des millions pour corriger ces problèmes, les décès n’ont pas été directement attribués à ces conditions. Le parc a également tenté de vendre ses bélugas à un aquarium chinois, mais le gouvernement fédéral a bloqué cette exportation, estimant que cela n’était pas dans l’intérêt des animaux.

Réactions des soigneurs

Les soigneurs de Marineland ont réagi avec des sentiments partagés à la fin de la captivité des cétacés. Certains, comme Kristy Burgess, licenciée après avoir dénoncé publiquement les conditions de vie des animaux, se disent soulagés que les cétacés soient désormais en sécurité, mais tristes de les voir partir. D’autres, comme Debbie Silva, estiment que le sort des animaux n’a pas été suffisamment pris en compte lors de l’adoption de la loi de 2019. Les témoignages d’anciens employés, comme Phil Demers, ont contribué à faire évoluer l’opinion publique et politique sur la captivité des cétacés. Demers a salué le départ des animaux tout en soulignant l’importance de leur bien-être dans leurs nouveaux environnements.

Ce que ça pourrait changer

La vente de Marineland, annoncée en 2024 après la mort de la veuve du fondateur, Marie Holer, est conditionnelle au départ des animaux du parc. Bien que le parc conserve d’autres animaux comme des cerfs, des bisons ou des manchots, la fin de la captivité des cétacés marque un tournant pour l’établissement. Les derniers dauphins ont été transférés en août 2024, et les ours ont été envoyés dans un sanctuaire du Colorado. L’avenir de Marineland reste incertain, mais cette opération complexe a permis d’éviter l’euthanasie des cétacés, une issue initialement envisagée en raison de l’impossibilité financière de les maintenir.

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