Poussières toxiques du 11-Septembre : le maire de New York accuse les anciens élus d'avoir tu le danger
Il aura fallu 25 ans pour que la question de la toxicité de l'air après les attentats du 11 septembre 2001 soit exposée. Le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé le septembre 2026 la publication de dizaines de milliers de documents révélant, selon lui, des dissimulations de la municipalité de l'époque.
Le maire de New York, Eric Adams, a accusé publiquement ses prédécesseurs, Michael Bloomberg (2002-2013) et Rudolph Giuliani (1994-2001), d’avoir sous-estimé les risques sanitaires liés aux poussières toxiques après les attentats du 11 septembre 2001. Selon lui, ces anciens élus auraient trompé la population en minimisant les dangers des particules fines et cancérigènes présentes dans l’air après l’effondrement des tours du World Trade Center. Adams affirme que cette dissimulation a entraîné des conséquences graves pour les secouristes, les habitants et les travailleurs exposés, notamment en termes de maladies respiratoires et de cancers. Il dénonce un manque de transparence et une gestion politique du risque jugée irresponsable.
Les poussières en question proviennent de l’effondrement des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001, qui a libéré dans l’atmosphère des milliers de tonnes de débris contenant des matériaux hautement toxiques. Parmi ces substances, on trouve de l’amiante (un minéral cancérigène interdit depuis des décennies), des fibres de verre, des métaux lourds comme le plomb ou le mercure, ainsi que des particules fines (PM2.5 et PM10). Ces dernières, invisibles à l’œil nu, pénètrent profondément dans les poumons et peuvent provoquer des maladies chroniques. Les études ultérieures ont montré que les niveaux de pollution de l’air à Ground Zero dépassaient plusieurs fois les seuils autorisés par l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA).
L’Agence de protection de l’environnement (EPA), dirigée à l’époque par Christine Todd Whitman, a affirmé dès septembre 2001 que l’air était « sûr » à respirer, malgré les alertes des scientifiques. Cette déclaration a été reprise par les autorités locales, dont le maire Giuliani, qui a encouragé les New-Yorkais à reprendre une vie normale dès la fin septembre 2001. Cependant, des documents ultérieurs ont révélé que l’EPA avait sous-estimé les risques par crainte de panique ou pour éviter des coûts économiques liés à la fermeture du site. Adams critique cette décision, soulignant que des milliers de personnes ont été exposées inutilement, avec des conséquences sanitaires durables.
Depuis 2001, des études épidémiologiques ont établi un lien entre l’exposition aux poussières du 11-Septembre et une augmentation significative des cas de cancers, d’asthme, de maladies pulmonaires et de troubles psychologiques chez les secouristes et les riverains. Par exemple, le programme de suivi médical des intervenants (WTC Health Program) a recensé plus de 10 000 cas de cancer liés à cette exposition, ainsi que des milliers de cas de maladies respiratoires. Les pompiers de New York, en particulier, ont payé un lourd tribut : près de 200 d’entre eux sont décédés de cancers liés aux attentats, et des milliers souffrent de séquelles. Ces chiffres illustrent l’ampleur de la crise sanitaire, encore en cours aujourd’hui.
Eric Adams, en poste depuis 2022, a décidé de rendre publics ces manquements pour **faire la lumière** sur les responsabilités politiques. Il a annoncé des mesures pour mieux protéger les victimes, comme l’**élargissement des critères d’indemnisation** pour les maladies liées aux attentats. Cependant, ses prédécesseurs, Bloomberg et Giuliani, n’ont pas encore réagi publiquement à ces accusations. Adams a également critiqué le **système de santé américain**, jugé trop lent à reconnaître les liens entre les maladies et l’exposition aux poussières. Cette affaire relance le débat sur la **transparence des institutions** et la protection des populations face aux risques environnementaux.

