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Culture

El Niño : un phénomène géopolitique ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 3 j

Selon les prévisions de l’Organisation météorologique mondiale, l’épisode 2026 d’El Niño pourrait être l’un des plus intenses depuis 1950. Le phénomène aggrave le réchauffement planétaire.

El Niño en 2026

En octobre 2026, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) annonce que l’épisode d’El Niño prévu pour cette année pourrait être l’un des plus intenses jamais enregistrés depuis 1950. El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit dans l’océan Pacifique tous les deux à sept ans. Il se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans cette région, ce qui perturbe les courants marins et atmosphériques à l’échelle mondiale. Ce réchauffement entraîne des perturbations météorologiques majeures : sécheresses prolongées dans certaines zones (comme l’Amérique du Sud ou l’Afrique australe) et inondations dévastatrices ailleurs (notamment en Asie du Sud-Est ou en Australie). L’OMM souligne que cet épisode 2026 aggravera également le réchauffement planétaire, déjà accentué par les émissions de gaz à effet de serre.

Conséquences agricoles

Les perturbations causées par El Niño ont des répercussions directes sur l’agriculture, une activité économique vitale pour de nombreux pays. En 2026, les sécheresses prolongées, comme celle illustrée au Salvador où des champs de maïs ont été ravagés, réduisent les récoltes et menacent la sécurité alimentaire. Les agriculteurs, comme celui photographié à Tecoluca, peinent à nourrir leur bétail et leur famille, tandis que les prix des denrées alimentaires augmentent. Ces crises agricoles touchent particulièrement les pays en développement, où l’agriculture représente souvent une part majeure de l’économie. Les gouvernements de ces régions doivent alors importer des aliments à des coûts élevés, ce qui pèse sur leurs budgets nationaux et aggrave les inégalités sociales.

Risques géopolitiques

Les effets d’El Niño ne se limitent pas à l’économie : ils peuvent aussi déstabiliser les équilibres géopolitiques. Jean-Michel Valantin, docteur en études stratégiques et auteur de l’ouvrage El Niño. Histoire et géopolitique d’une bombe climatique, explique que ce phénomène climatique agit comme un multiplicateur de crises. Par exemple, les pénuries alimentaires et les migrations forcées qu’il engendre peuvent exacerber les tensions entre pays voisins ou alimenter les conflits internes. Dans un contexte où les ressources en eau et en terres arables deviennent rares, les États pourraient être tentés de protéger leurs approvisionnements par des mesures protectionnistes ou même des actions militaires. Ces dynamiques risquent de fragiliser la coopération internationale et de compliquer la gestion des crises humanitaires.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces enjeux, des organisations comme l’OMM ou la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) jouent un rôle clé dans l’anticipation et la gestion des risques liés à *El Niño*. Elles fournissent des prévisions météorologiques et des alertes précoces pour aider les gouvernements à se préparer aux chocs climatiques. Cependant, leur action dépend des moyens alloués par les États membres et des priorités politiques. En 2026, la communauté internationale est appelée à renforcer sa coordination pour limiter l’impact humanitaire et économique de ce phénomène. Les experts soulignent aussi l’importance de réduire les émissions de gaz à effet de serre, dont l’accumulation aggrave l’intensité et la fréquence des épisodes d’*El Niño*.

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