IA : les professionnels du droit peuvent-ils encore se contenter d'une veille réglementaire ?
L'intelligence artificielle est entrée dans les organisations par les usages. Elle y reste par les risques qu'elle déplace, les arbitrages qu'elle impose et les transformations qu'elle accélère.
L’intelligence artificielle (IA) ne se limite pas à transformer les outils de travail. Elle révèle les cultures internes des organisations, leurs méthodes de prise de décision, leurs vulnérabilités et les limites de leurs systèmes de gouvernance actuels. Face à ces changements profonds, les entreprises ne peuvent plus se contenter d’une simple veille réglementaire. Elles doivent désormais apprendre à arbitrer : quels usages de l’IA encourager, quelles limites imposer, quels risques accepter et quels mécanismes de contrôle mettre en place. Par exemple, l’IA peut exposer des failles dans les processus décisionnels ou créer des zones de responsabilité floues, obligeant les organisations à repenser leur structure pour intégrer ces nouvelles réalités.
L’Executive Summer School de l’EDHEC Augmented Law Institute, prévue du 8 au 10 septembre 2026 sur le campus Paris de l’EDHEC Business School, propose une formation de trois jours pour aider les professionnels à construire des repères concrets face à l’IA. L’objectif n’est pas de discuter de l’IA en général, mais de fournir des outils pour en faire un levier de performance durable, en intégrant maîtrise, confiance, conformité et responsabilité. Les participants peuvent choisir entre un pass intégral (1570 € TTC), un pass thématique (par exemple, le parcours Risques & Conformité à 590 € TTC le 9 septembre), ou un pass découverte en demi-journée. Certains formats permettent d’obtenir un micro-credential, une attestation des compétences acquises.
Cette formation s’adresse aux décideurs et professionnels du droit, notamment les dirigeants, juristes d’entreprise, avocats, responsables conformité (compliance officers), DPO (Data Protection Officers), Digital Ethics Officers, risk managers, professionnels RH et RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). L’enjeu est d’aider ces acteurs à dialoguer avec les autres services (direction générale, fonctions data, RH) pour traduire les principes de responsabilité en décisions et dispositifs concrets. Par exemple, un juriste doit pouvoir expliquer à un manager les risques juridiques d’un projet d’IA tout en proposant des solutions opérationnelles.
Le parcours Risques & Conformité, organisé le mercredi 9 septembre 2026, est particulièrement adapté aux professionnels du droit impliqués dans les projets d’IA. Il vise à renforcer leur capacité à qualifier les risques, documenter les arbitrages et poser des limites claires. Les projets d’IA combinent souvent des risques réglementaires, organisationnels, réputationnels, éthiques et humains, ce qui rend leur encadrement complexe. Par exemple, une IA utilisée pour le recrutement peut poser des questions de discrimination, de transparence ou de protection des données, nécessitant une analyse systémique plutôt qu’une simple check-list.
La journée du 9 septembre aborde cinq questions centrales pour les professionnels du droit. D’abord, comment penser les risques de manière systémique, en comprenant les interdépendances entre technologie, organisation et responsabilité. Ensuite, où placer les lignes rouges, notamment sur des sujets comme la manipulation ou l’influence, avec un dialogue entre Claire Nicodème (AI Ethics Officer) et Karl Pineau (Media Design Lab). Troisièmement, que nous apprend le secteur de la santé, où l’IA soulève des enjeux de confiance, de sécurité et d’explicabilité, comme l’illustrera Loïck Menvielle et Maxime Salaün. Quatrièmement, comment anticiper les risques des IA agentiques (systèmes autonomes capables d’agir), avec un atelier animé par Arnaud Billion et Stéphanie Corbière. Enfin, comment construire une cartographie exploitable des risques pour repartir avec des méthodes concrètes.
L’objectif de cette formation est d’aider les organisations à faire de l’IA un levier de performance durable, en évitant de réduire son usage à une simple question d’efficacité immédiate ou d’opportunité business. Il s’agit d’intégrer des critères de maîtrise, de confiance, de conformité et de responsabilité. Par exemple, une entreprise peut décider d’utiliser une IA pour optimiser sa logistique, mais doit aussi s’assurer que son déploiement respecte les droits des travailleurs, protège les données clients et limite les biais algorithmiques. La formation propose ainsi un cadre pour concilier innovation et éthique.
L’Executive Summer School 2026 se tiendra du 8 au 10 septembre 2026 à l’EDHEC Business School, campus Paris. Le parcours Risques & Conformité coûte 590 € TTC pour une journée, tandis que le pass intégral sur trois jours est proposé à 1570 € TTC. Les inscriptions se font via le site Alll.legal, avec un contact possible auprès d’Élodie Teissèdre, responsable du programme (elodie.teissedre@edhec.edu). Les participants peuvent choisir le format qui correspond le mieux à leurs besoins : pass intégral, pass thématique ou pass découverte en demi-journée.

