Les Pays-Bas décident de retirer leur or des États-Unis et du Canada “à cause des tensions géopolitiques”
La Banque centrale néerlandaise a récemment rapatrié en Europe 86 tonnes d’or qu’elle stockait sur le continent américain. Le communiqué qui a révélé l’opération, le 2 septembre, se contente d’invoquer les “tensions géopolitiques croissantes”..
La Banque centrale néerlandaise (DNB) a annoncé le 2 septembre 2026 le rapatriement de 86 tonnes d'or stockées aux États-Unis et au Canada vers l'Europe. Cette opération, réalisée discrètement depuis mars 2026, vise à sécuriser une partie des réserves d'or des Pays-Bas. Sur les 86 tonnes, 27 tonnes ont été physiquement transférées des coffres souterrains de la Réserve fédérale américaine à New York et de la Banque du Canada à Ottawa vers Londres. Le reste a été vendu sur place, puis de nouveaux lingots ont été achetés à Londres pour remplacer l'or retiré. Ce transfert est présenté comme une mesure de précaution face à l'instabilité géopolitique croissante.
La DNB justifie ce retrait par les tensions géopolitiques croissantes entre les grandes puissances, sans préciser quels pays sont concernés. Les médias internationaux, comme le Financial Times, évoquent une méfiance accrue envers les États-Unis, perçus comme un partenaire peu fiable en raison de leurs politiques économiques et commerciales controversées. Le transfert de l'or vers Londres, où il est stocké dans les chambres fortes de la Banque d'Angleterre, reflète une volonté de diversifier les risques et de réduire la dépendance aux réserves américaines. Cette décision s'inscrit dans un contexte où plusieurs pays, comme l'Allemagne ou la Chine, ont également rapatrié une partie de leurs réserves d'or ces dernières années.
Le transfert a suivi un protocole précis. Les 27 tonnes d'or retirées physiquement ont d'abord transité par le centre de trésorerie de la DNB à Zeist, près d'Utrecht, aux Pays-Bas. Elles ont ensuite été acheminées vers Londres, où elles ont été placées sous la garde de la Banque d'Angleterre, réputée pour la sécurité de ses coffres-forts. L'opération a été menée dans le plus grand secret, ce qui souligne son caractère sensible. La DNB n'a pas précisé si d'autres pays avaient été informés ou impliqués dans ce mouvement. Ce processus technique illustre la complexité logistique liée à la gestion des réserves d'or, un actif à la fois physique et financier.
Ce retrait de 86 tonnes d'or représente une part significative des réserves des Pays-Bas, bien que le pourcentage exact ne soit pas mentionné dans l'article. L'or est un actif stratégique pour les banques centrales, car il sert de valeur refuge en période de crise et de garantie pour la monnaie. En rapatriant une partie de ses réserves, les Pays-Bas cherchent à se prémunir contre d'éventuelles sanctions économiques, des restrictions d'accès à leurs avoirs ou une dépréciation du dollar américain. Cette décision envoie aussi un signal politique fort, montrant une volonté d'autonomie face aux grandes puissances. Elle pourrait inspirer d'autres pays à revoir la localisation de leurs réserves d'or.
L'opération a été qualifiée de *politiquement délicate* par le *Financial Times*, car elle intervient dans un contexte de rivalités économiques et militaires accrues. Les États-Unis et le Canada, où une partie de l'or était stockée, n'ont pas réagi publiquement à cette décision. Cependant, ce mouvement s'inscrit dans une tendance plus large : plusieurs pays, dont l'Allemagne en 2013 et la Chine ces dernières années, ont rapatrié une partie de leurs réserves d'or pour des raisons similaires. En Europe, cette décision pourrait renforcer la coopération entre les banques centrales pour sécuriser leurs actifs stratégiques face à l'incertitude mondiale.

