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Généraliste

La première exécution d’une femme en 200 ans au Tennessee a été suspendue

ICI Radio-Canada · mis à jour 30 sept.

Elle devait être la première femme mise à mort dans l'État du Tennessee depuis plus de 200 ans..

Suspension in extremis

Une cour d'appel fédérale américaine a suspendu in extremis l'exécution de Christa Pike, prévue au Tennessee, seulement une heure avant son déroulement. Cette suspension vise à examiner les arguments des deux parties concernant un recours de la défense. Christa Pike, 50 ans, devait être la première femme exécutée dans cet État depuis plus de 200 ans et la première aux États-Unis depuis 2023. La décision de la cour ne précise pas la durée du sursis, mais elle souligne l'importance de l'intérêt de la justice et du caractère définitif de l'exécution. Le Tennessee, représenté par son gouverneur républicain Bill Lee, avait pourtant rejeté les demandes de commutation de peine malgré les appels de plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnistie internationale.

Contexte historique

La peine de mort aux États-Unis est un sujet controversé, avec des exécutions qui restent rares pour les femmes. Depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, seulement 18 femmes ont été exécutées, soit un peu plus de 1 % du total des exécutions. La dernière exécution d'une femme avant celle de Christa Pike remonte à 2023 au Missouri, avec Amber McLaughlin, qui était également la première femme transgenre exécutée dans le pays. Le Tennessee n'avait pas exécuté de femme depuis plus de deux siècles, ce qui rend ce cas particulièrement symbolique. En 2025, 47 exécutions ont eu lieu aux États-Unis, un niveau record depuis 2009, où 52 exécutions avaient été enregistrées.

Affaire Christa Pike

Christa Pike a été condamnée à mort pour le meurtre de Colleen Slemmer, 19 ans, en 1995, alors qu'elle-même n'avait que 18 ans. L'affaire s'est déroulée dans le cadre d'un programme de formation professionnelle, le Job Corps, à Knoxville. Ses deux complices, également adolescents, ont échappé à la peine de mort : l'un a été condamné à perpétuité, l'autre à une peine avec sursis en échange de son témoignage. Les avocats de Christa Pike affirment que sa défense lors du procès en 1996 n'a pas pris en compte les traumatismes de son enfance, notamment des violences sexuelles, qui auraient pu atténuer sa responsabilité. Elle a été diagnostiquée tardivement pour un trouble bipolaire et un stress post-traumatique.

Arguments juridiques

Les avocats de Christa Pike ont demandé à la justice de prendre en considération les violences subies dans son enfance, une première dans cet État. Bien que ces violences aient été reconnues lors d'une audience en août, l'État du Tennessee maintient sa position et refuse de modifier la peine. Des experts mandatés par l'ONU ont appelé à suspendre l'exécution et à commuer sa peine, soulignant que les États appliquant la peine de mort doivent respecter des garanties strictes, comme la prise en compte individualisée de toutes les circonstances atténuantes, y compris les traumatismes. La Cour suprême des États-Unis a rejeté l'ultime demande de sursis de Christa Pike, mais la suspension actuelle pourrait permettre un réexamen plus approfondi de son dossier.

Ce que ça pourrait changer

De nombreuses organisations de défense des droits humains, dont Amnistie internationale, ont appelé à l'abandon de l'exécution de Christa Pike, tandis que le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, a maintenu sa position. Des opposants à la peine de mort se sont rassemblés devant la prison de Riverbend à Nashville avant l'exécution prévue. Le Tennessee a saisi en urgence la Cour suprême pour faire lever la suspension, invoquant l'intérêt de l'État à une résolution finale et le droit des proches de la victime à tourner la page. À l'inverse, les avocats de Christa Pike ont plaidé pour que la Cour s'abstienne d'intervenir, arguant que son exécution minerait la confiance dans l'intégrité du système judiciaire.

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