Les preuves sont « irréfutables » : le réchauffement climatique est dû à l’humain répète une nouvelle étude majeure
Trente ans de recherche sur les empreintes climatiques rassemblent des preuves du réchauffement climatique attribuables aux gaz à effet de serre. Les scientifiques les tiennent pour irréfutables et réclament des politiques de réduction des émissions.
Le 12 octobre 2026, les chercheurs Benjamin Santer (université d’East Anglia) et Susan Solomon ont publié dans la revue Earth’s Future un bilan de trente ans de recherche sur l’attribution du réchauffement climatique à l’humain. Ce travail synthétise des données issues de modèles climatiques et d’observations satellites pour confirmer l’influence humaine sur le climat. Les cinq auteurs répondent ainsi à un rapport du département américain de l’Énergie de juillet 2025, qui remettait en cause ces méthodes. Leur conclusion est sans ambiguïté : les preuves du réchauffement climatique d’origine humaine sont désormais irréfutables et se renforcent depuis 2009.
Les scientifiques utilisent des empreintes climatiques pour distinguer l’impact humain de la variabilité naturelle du climat. Ces empreintes reposent sur des phénomènes prévisibles : un réchauffement de la troposphère (la couche basse de l’atmosphère où nous vivons) et un refroidissement de la stratosphère (la couche supérieure) sont attendus en cas d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Les satellites confirment ces tendances depuis des décennies. À l’inverse, une hausse de l’activité solaire réchaufferait les deux couches simultanément, ce qui n’est pas observé. Depuis 2009, les dix années les plus chaudes jamais enregistrées se sont succédées, rendant le signal humain de plus en plus visible.
Pour affiner leurs analyses, les chercheurs s’appuient sur des modèles climatiques qui simulent le comportement de l’atmosphère, des océans et des événements extrêmes. Ces modèles génèrent des dizaines de simulations pour un même scénario, permettant de quantifier les fluctuations naturelles du climat. En comparant ces simulations aux données réelles, les scientifiques peuvent estimer la part des changements climatiques attribuable aux activités humaines. Cette méthode a permis de confirmer que les vagues de chaleur, les pluies intenses et les épisodes de chaleur marine sont plus fréquents et plus intenses en raison des émissions de GES.
Le département américain de l’Énergie a contesté en juillet 2025 les conclusions sur le refroidissement de la stratosphère, citant des travaux des mêmes auteurs. Santer et Solomon ont réexaminé les données satellites et confirmé leur analyse initiale. Ce débat illustre les tensions entre science et politique, où des rapports officiels peuvent remettre en cause des consensus scientifiques établis. Les chercheurs soulignent que leurs méthodes sont robustes et que les preuves du réchauffement climatique d’origine humaine sont désormais indéniables, influençant les politiques climatiques et les décisions judiciaires dans le monde.
Les scientifiques ont également progressé dans l’attribution des **événements extrêmes** au changement climatique. En comparant la probabilité d’une canicule ou d’une tempête dans le climat actuel avec celle d’un climat sans émissions humaines, ils montrent que ces phénomènes sont plus fréquents et plus intenses. Par exemple, les vagues de chaleur marines, les pluies diluviennes et les épisodes de chaleur humide sont désormais clairement liés aux activités humaines. Ces analyses restent plus solides pour les températures que pour les précipitations, où les liens sont parfois moins évidents.

