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Hausse des prix du carburant : Transat obtient un nouveau financement d’urgence

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 10 j

La compagnie aérienne a obtenu 250 millions de dollars supplémentaires du gouvernement fédéral..

Financement d'urgence fédéral

Transat A.T., une compagnie aérienne canadienne spécialisée dans les vols de loisirs, a obtenu un nouveau financement d'urgence de 250 millions de dollars du gouvernement fédéral canadien. Ce prêt, accordé à un taux d'intérêt très bas de 1,22 % jusqu'en juillet 2029, puis passant à 3 %, est octroyé par la Corporation de financement d’urgence d’entreprises du Canada (CFUEC), un organisme public créé pour soutenir les entreprises en difficulté. Ce montant s'ajoute à un premier prêt de 150 millions de dollars reçu en 2026 pour faire face à la hausse des prix de l'énergie, elle-même provoquée par la guerre en Iran. Le gouvernement justifie cette aide par la vulnérabilité particulière de Transat aux fluctuations des coûts du carburant, un enjeu majeur pour sa survie financière.

Perte record de 106,6 M$

Au cours du dernier trimestre clos le 31 juillet 2026, Transat a enregistré une perte nette de 106,6 millions de dollars, un chiffre alarmant comparé aux 400 millions de dollars de bénéfices réalisés à la même période l'année précédente. Cette dégradation s'explique principalement par une hausse de 56 % des coûts du carburant, représentant une dépense supplémentaire de 105 millions de dollars. Depuis le début de l'année, l'impact cumulé de cette crise atteint 175 millions de dollars. La société attribue cette situation à une concurrence intense sur le marché atlantique, qui l'a empêchée de répercuter la hausse des prix sur les billets d'avion. Les revenus unitaires, un indicateur mesurant le tarif moyen payé par passager et par mille parcouru, sont restés stables, contrairement à ses concurrents comme Air Canada, qui a enregistré une hausse de 11 % de ses revenus unitaires.

Concurrence et sensibilité aux prix

Transat évolue dans un segment du marché aérien très concurrentiel, où les clients sont particulièrement sensibles aux variations de prix. Contrairement à des compagnies comme Air Canada, qui bénéficient de revenus stables grâce aux classes affaires, aux programmes de fidélité et aux voyages d'affaires, Transat repose principalement sur des tarifs économiques. Cette dépendance la rend plus vulnérable aux chocs économiques, comme la hausse du prix du carburant. Selon Annick Guérard, PDG de Transat, le marché canadien est marqué par une concurrence agressive, avec des promotions constantes qui empêchent toute augmentation des tarifs. La société a tenté d'instaurer des suppléments carburant, mais cela a entraîné une baisse de la demande, forçant Transat à réduire d'autres frais pour rester compétitive.

Stratégie de redressement

Pour retrouver la rentabilité, Transat mise sur deux leviers principaux. D'abord, elle développe un programme de fidélité dont une phase d'essai est déjà en cours, avec un lancement prévu d'ici la fin de l'année 2026. Ensuite, la compagnie prévoit d'élargir son offre de tarifs premium à partir du second semestre 2027, en rénovant les cabines de ses avions. Les destinations ciblées incluent Paris, Londres, le Portugal, la Grèce et Rome, des villes attractives pour une clientèle prête à payer plus cher pour plus de confort. Jean-François Pruneau, directeur financier de Transat, estime que le financement obtenu devrait couvrir les coûts à court terme, mais souligne que la situation reste volatile et dépendra de l'évolution future des prix du carburant.

Impact de l'abandon de Cuba

La décision de Transat d'abandonner ses vols vers Cuba, en février 2026, a également pesé sur ses résultats financiers. Un embargo pétrolier de huit mois imposé par les États-Unis a provoqué des pannes d'électricité massives à Cuba, forçant la fermeture des centres de villégiature et rendant les voyages impossibles. Cuba était une destination majeure pour les Canadiens, et plus particulièrement pour les Québécois, où Transat a son siège social. Au premier trimestre 2026, le nombre de visiteurs canadiens sur l'île a chuté de 54 %. Bien que les revenus du troisième trimestre aient légèrement progressé de 3 % pour atteindre 792,7 millions de dollars, cette perte de marché a contribué aux difficultés financières de la compagnie.

Ce que ça pourrait changer

Au 31 juillet 2026, la dette nette de Transat s'élevait à 1,51 milliard de dollars. La compagnie a déjà utilisé 80 millions de dollars du prêt gouvernemental de 250 millions, et a également emprunté 30 millions supplémentaires via le *Crédit d’urgence pour les grands employeurs*. Le prêt fédéral est remboursable jusqu'au 9 septembre 2027, avec un taux d'intérêt avantageux les premières années. Transat n'est pas la seule entreprise du secteur à bénéficier d'une aide publique : Porter Airlines a également reçu un prêt de 125 millions de dollars de la CFUEC. Annick Guérard et Jean-François Pruneau insistent sur le caractère temporaire de cette aide et la nécessité de trouver des solutions durables pour assurer la pérennité de l'entreprise dans un contexte économique incertain.

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