Andy Burnham prépare-t-il les Britanniques à un retour dans l’UE ?
Au micro du podcast “The Rest is Politics”, le 11 octobre, le Premier ministre britannique Andy Burnham a évoqué une ingérence russe dans le référendum du Brexit. Le travailliste défend un rapprochement avec l’Union européenne, explique la presse britannique, alors que le sommet entre les 27 et le Royaume-Uni aura lieu le 20 novembre..
Andy Burnham, Premier ministre britannique issu du Parti travailliste (Labour Party), semble opérer un virage politique majeur concernant le Brexit lors de son discours au congrès du Labour fin septembre 2026. Ce changement est qualifié de virage à 180 degrés par le quotidien The Guardian, car il contraste avec la position de son prédécesseur, Keir Starmer. En effet, Starmer avait inscrit le Brexit comme un sujet non négociable dans le programme électoral du Labour pour 2024, excluant tout retour au marché unique européen, à l’union douanière ou à la libre circulation des personnes. Burnham, en revanche, évoque désormais un rapprochement avec l’Union européenne (UE), notamment lors d’un sommet prévu le 20 novembre 2026 entre les 27 pays membres de l’UE et le Royaume-Uni.
Lors d’une intervention au podcast The Rest is Politics le 11 octobre 2026, Andy Burnham a évoqué une ingérence russe dans le référendum sur le Brexit, qui avait abouti à la sortie du Royaume-Uni de l’UE en 2016. Cette mention suggère une volonté de réévaluer les conditions du Brexit en mettant en avant des éléments externes ayant pu influencer le vote. Ce discours intervient dans un contexte où le Premier ministre cherche à justifier une révision de la relation entre le Royaume-Uni et l’UE, en insistant sur les conséquences négatives du Brexit pour le pays.
Un sondage réalisé par l’institut The Messina Group révèle que près de la moitié de l’électorat britannique (49,5 %) serait favorable à une réintégration du Royaume-Uni dans l’UE après les prochaines élections. Ce résultat montre un changement d’opinion significatif par rapport aux années suivant le référendum de 2016, où le soutien à la sortie de l’UE était majoritaire. Selon le même sondage, si Andy Burnham proposait un nouveau référendum et menait une campagne en faveur de la réintégration, le Parti travailliste pourrait gagner jusqu’à 7 points dans les intentions de vote. Ces chiffres illustrent une opportunité politique pour Burnham, qui pourrait ainsi renforcer sa position et celle de son parti.
Le rapprochement avec l’UE représente un risque politique pour Andy Burnham, car il va à l’encontre des promesses électorales passées du Parti travailliste. Cependant, les données montrent que cette stratégie pourrait être électoralement payante. En effet, le sondage indique que près de la moitié des Britanniques sont désormais favorables à un retour dans l’UE, un chiffre qui dépasse largement les 35 % obtenus par les partisans du Remain (rester dans l’UE) lors du référendum de 2016. Burnham semble donc jouer sur ce changement d’opinion pour mobiliser l’électorat et renforcer la légitimité de son gouvernement, tout en préparant le terrain pour une éventuelle réintégration.
Un sommet entre les dirigeants des 27 pays de l’UE et le Royaume-Uni est prévu le 20 novembre 2026. Cet événement pourrait être l’occasion pour Andy Burnham de concrétiser ses intentions de rapprochement avec l’UE. Cependant, les obstacles restent nombreux, notamment en raison des engagements pris par son prédécesseur, Keir Starmer, qui avaient rassuré les partisans du Brexit. Burnham devra donc naviguer entre les attentes de son électorat, les contraintes politiques internes et les exigences des institutions européennes pour mener à bien ce projet.

