Les interdictions de sortie du territoire ont explosé depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping
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Depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping en mars 2013, la Chine a connu une augmentation massive des interdictions de sortie du territoire. En 2025, la base de données de la Cour populaire suprême chinoise a enregistré près de 200 000 mentions du terme «限制出境» (xiànzhì chūjìng), qui signifie littéralement « restriction de sortie du territoire ». Ce chiffre représente une multiplication par plus de 4 300 depuis 2014, année suivant l'arrivée de Xi Jinping. Pour donner une échelle, cela signifie que ces interdictions, autrefois rares, sont devenues un outil courant de contrôle social et politique. Le durcissement s'accompagne d'une expansion du cadre juridique : 10 nouvelles lois ont été ajoutées depuis 2013, portant le total à 18 textes pouvant servir à prononcer ces interdictions. Cette évolution reflète une stratégie plus large de renforcement du contrôle de l'État sur les mouvements de ses citoyens et étrangers résidant en Chine.
Le 31 juillet 2026, le Conseil d'État chinois a publié une nouvelle réglementation entrée en vigueur le 15 septembre 2026, marquant un tournant dans la politique de restriction des voyages à l'étranger. Plusieurs analystes comparent cette mesure à l'époque de Mao Zedong, où les déplacements internationaux étaient fortement limités. La loi élargit les motifs d'interdiction de sortie du territoire, notamment pour des infractions liées au contrôle des exportations et aux technologies sensibles. Par exemple, l'article 4 prévoit une interdiction de 6 mois à 3 ans pour un citoyen chinois s'étant livré à l'étranger à des « activités illégales ou criminelles mettant en danger la sécurité ou les intérêts nationaux ». Ces règles s'appliquent à une large gamme de profils : fonctionnaires, cadres du Parti communiste chinois, employés d'entreprises publiques, ou encore particuliers travaillant dans des secteurs jugés stratégiques par Pékin. L'objectif affiché est de protéger la sécurité nationale, mais cette mesure s'inscrit aussi dans un contexte de tensions technologiques croissantes avec les États-Unis.
Le durcissement des restrictions sur les sorties du territoire s'inscrit dans une dynamique plus large de course technologique entre la Chine et les États-Unis. En mars 2026, les autorités chinoises ont interdit aux dirigeants de la start-up d'intelligence artificielle Manus, dont le PDG Xiao Hong, de quitter le pays pendant qu'elles examinaient une possible acquisition par Meta (anciennement Facebook). Cette décision illustre la méfiance croissante de Pékin envers les transferts de technologies vers l'étranger, perçus comme une menace pour la souveraineté nationale. En avril 2026, la Commission nationale du développement et de la réforme a finalement ordonné le retrait de l'offre d'acquisition, invoquant des raisons de sécurité nationale et de protection des actifs technologiques. Ces événements montrent comment les interdictions de sortie deviennent un outil de contrôle des flux de connaissances et de capitaux, dans un contexte où l'innovation est considérée comme un enjeu stratégique majeur.
Les interdictions de sortie du territoire ne ciblent pas uniquement les citoyens chinois, mais aussi les étrangers résidant ou travaillant en Chine. Les personnes concernées incluent les *fonctionnaires*, les *cadres du Parti communiste chinois*, les employés des *entreprises publiques*, ainsi que les particuliers évoluant dans des secteurs jugés « sensibles » par les autorités. Ces secteurs peuvent concerner des domaines comme les technologies de pointe, la défense, ou les ressources naturelles. Par exemple, en 2026, une interdiction a été prononcée contre les dirigeants de *Manus*, une start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle, en raison de soupçons liés à la sécurité nationale. Ces mesures visent à prévenir toute fuite de savoir-faire ou de données stratégiques, tout en renforçant le contrôle politique sur les élites économiques et administratives. Le champ d'application large de ces interdictions reflète une volonté de Pékin de surveiller étroitement les individus susceptibles d'influencer, directement ou indirectement, les intérêts nationaux.

