Le Brésil va-t-il succomber à la vague réactionnaire en Amérique latine ?
Le résultat de l’élection brésilienne, dont le premier tour a lieu le 4 octobre, pourrait finir de faire basculer le sous-continent à l’extrême droite, dans le giron de Trump, si Lula est vaincu par Flávio Bolsonaro. En jeu : “l’avenir du Mercosur, la politique climatique en Amazonie, et l’équilibre des relations entre les États-Unis, la Chine et les Brics”, souligne le média “Connectas”..
Le premier tour de l'élection présidentielle brésilienne, prévu le 4 octobre 2026, est présenté comme un scrutin historique. Il oppose Luiz Inácio Lula da Silva, surnommé Lula, actuel président de 80 ans, à Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro. Ce dernier, condamné à 27 ans de prison pour conspiration et tentative de coup d'État, purge actuellement sa peine sous assignation à domicile. L'enjeu dépasse les frontières brésiliennes : le résultat pourrait redéfinir l'équilibre politique de l'Amérique latine et influencer des alliances internationales majeures.
Lula, figure historique de la gauche brésilienne, mise sur une campagne axée sur sa santé et sa résilience, avec des vidéos le montrant en pleine activité physique. Cette stratégie vise à contrer l'image de force et de jeunesse de Flávio Bolsonaro, héritier d'une famille politique marquée par des positions conservatrices et nationalistes. Les deux candidats incarnent des visions radicalement différentes pour le Brésil : Lula défend les politiques sociales et environnementales, tandis que Flávio Bolsonaro promet un alignement plus marqué sur les États-Unis et une approche plus autoritaire.
L'élection brésilienne est suivie avec attention en Amérique latine et au-delà, car elle pourrait sceller le basculement de la région vers l'extrême droite. Un succès de Flávio Bolsonaro renforcerait l'influence des gouvernements conservateurs, déjà en hausse dans plusieurs pays du sous-continent. Les observateurs soulignent que ce scrutin pourrait avoir des répercussions sur la stabilité du Mercosur (Marché commun du Sud, une union économique régionale incluant le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay), ainsi que sur les politiques climatiques en Amazonie, une région cruciale pour la lutte contre le réchauffement climatique.
Les États-Unis, la Chine et les Brics (un groupe économique regroupant le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud) ont un intérêt direct dans le résultat de cette élection. Les États-Unis pourraient voir d'un bon œil l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement aligné sur leurs positions, tandis que la Chine, principal partenaire commercial du Brésil, pourrait être affectée par un changement de cap politique. Les Brics, dont le Brésil est un membre fondateur, pourraient également voir leur dynamique interne modifiée en fonction du vainqueur.
Le Brésil est profondément divisé entre deux camps : les partisans de Lula, qui misent sur la continuité des politiques progressistes, et ceux de Flávio Bolsonaro, qui prônent un retour à des valeurs conservatrices et à une relation plus étroite avec les États-Unis. Ce clivage reflète une tendance plus large en Amérique latine, où plusieurs pays ont basculé vers la droite ces dernières années. Les institutions brésiliennes, déjà fragilisées par des crises politiques récentes, pourraient être mises à rude épreuve en cas de victoire de l'extrême droite.
Une victoire de Flávio Bolsonaro pourrait marquer un tournant dans les relations internationales du Brésil. Le pays, qui joue un rôle clé dans les négociations climatiques et économiques mondiales, pourrait adopter une posture plus isolationniste ou alignée sur les positions américaines. Cela pourrait également affaiblir les initiatives régionales comme le *Mercosur* ou les alliances Sud-Sud, au profit d'une coopération plus étroite avec les États-Unis et leurs alliés.

