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Géopolitique

En Serbie, le mouvement étudiant présente une liste d’opposition face à Vucic

Courrier International · mis à jour il y a 17 j

En près de deux ans de mobilisation, les étudiants serbes ont transformé leur mouvement de contestation, né après l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad, en une véritable force politique. Leur liste, “Les étudiants gagnent”, affrontera le 25 octobre celle du pouvoir (“Serbie unie”), menée par Aleksandar Vucic.

Origine du mouvement

Le mouvement étudiant serbe est né il y a près de deux ans, à la suite de l’effondrement d’un auvent de gare à Novi Sad, un événement qui a cristallisé le mécontentement de la jeunesse. Initialement une mobilisation de protestation, il s’est transformé en une force politique organisée. Le 25 octobre 2026, ce mouvement présente une liste électorale nommée Les étudiants gagnent pour affronter celle du pouvoir, menée par Aleksandar Vucic et son parti, le Parti progressiste serbe (SNS). Cette liste étudiante incarne une opposition directe au gouvernement en place, qui dirige la Serbie depuis plusieurs années.

Contexte électoral

Les élections serbes du 25 octobre 2026 se déroulent dans un climat de forte division politique. Le SNS, au pouvoir, dispose d’un avantage significatif : il contrôle les ressources de l’État et les médias, ce qui lui permet de mener une campagne très visible. À l’inverse, l’opposition, y compris la liste étudiante, doit se contenter de moyens limités, comme le travail de terrain et les réseaux sociaux. Selon certains sondages, la liste Les étudiants gagnent obtiendrait entre 37 % et 45 % des intentions de vote, tandis que la liste du pouvoir en recueillerait entre 47 % et 48 %. Ces chiffres montrent une compétition serrée, mais aussi des écarts importants entre les instituts de sondage.

Méthodes inédites

Contrairement aux partis traditionnels, le mouvement étudiant se distingue par ses méthodes de campagne. Il rejette les débats télévisés avec Vucic, car les médias sont majoritairement contrôlés par le pouvoir. À la place, il mise sur une communication collective, une organisation horizontale et une atmosphère festive pour diffuser son message. Les 250 candidats de la liste Les étudiants gagnent sillonnent le pays pour rencontrer directement les citoyens, échanger avec eux et présenter leurs propositions politiques et économiques. Ces propositions ont été élaborées avec l’aide d’experts, une approche rare en Serbie où les partis politiques ne font généralement pas appel à des spécialistes externes.

Enjeux politiques

Le scrutin du 25 octobre est perçu comme un référendum pour ou contre le pouvoir de Vucic. Les autres formations politiques, reléguées au second plan, risquent de ne pas atteindre le seuil électoral de 3 %, nécessaire pour entrer au Parlement. Selon l’hebdomadaire serbe Nedeljnik, la liste étudiante a réussi là où l’opposition traditionnelle avait échoué pendant quinze ans : créer une dynamique capable de battre le SNS. Cependant, indépendamment du résultat, une partie des Serbes pourrait douter de la légitimité du scrutin. L’hebdomadaire Radar craint que ces élections ne marquent le début d’une nouvelle crise politique, quelle que soit l’issue du vote.

Impact sur la société

Le mouvement étudiant a déjà transformé la culture politique en Serbie, selon le quotidien Danas. Il a restauré la confiance des citoyens dans les processus politiques, un élément clé dans un pays marqué par deux années de tensions. Même si le résultat électoral reste incertain, le mouvement a ouvert une nouvelle page de l’histoire politique serbe en montrant qu’un changement était possible. Son approche collective et transparente contraste avec les méthodes traditionnelles des partis, souvent perçues comme opaques ou corrompues. Cette dynamique pourrait inspirer d’autres mouvements sociaux en Europe.

Ce que ça pourrait changer

La presse internationale s’interroge sur la capacité des étudiants serbes à renverser Vucic. L’hebdomadaire autrichien *Profil* se demande si un mouvement sans structure partisane ni dirigeante peut réussir face à un pouvoir aussi établi. De son côté, la *Deutsche Welle* souligne les conditions inégales de la campagne, où le SNS utilise tous les leviers de l’État pour favoriser sa réélection. Cette couverture médiatique internationale reflète l’intérêt porté à ce phénomène politique, qui pourrait servir d’exemple pour d’autres pays où la jeunesse conteste les régimes en place.

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