J’ai essayé le DS N°7 : beaucoup de potentiel face aux Allemands, mais une base technique qui fait douter
Le DS 7 change tout, même de nom, et devient N°7. Il est le premier modèle de la marque à se renouveler pour une nouvelle génération et il le fait avec la manière, en passant au 100 % électrique.
Le DS N°7 est le premier modèle 100 % électrique de la marque française DS, qui a abandonné son nom précédent (DS 7) pour adopter cette nouvelle dénomination. Ce SUV premium se positionne comme un concurrent direct des modèles allemands, notamment grâce à son style audacieux et son confort. Lancé en juillet 2026, il succède au DS 7, qui avait été le véhicule le plus vendu dans sa catégorie entre 2019 et 2021. Le N°7 mise sur une silhouette sculptée et un intérieur raffiné, avec des finitions haut de gamme comme le cuir Nappa ou l'aluminium bouchonné. Son objectif est de séduire une clientèle exigeante, tout en rivalisant avec des marques comme BMW ou Mercedes.
Le design du DS N°7 s'inspire fortement de la berline N°8, avec une calandre illuminée, des projecteurs avant et une signature lumineuse arrière identiques. Les différences majeures résident dans le format SUV, plus imposant, avec une longueur de 4,66 mètres (+7 cm par rapport à l'ancienne génération), une largeur de 1,90 mètre et une hauteur de 1,63 mètre. Son style baroque, qualifié de massif et sculpté, est jugé plus homogène sur un SUV que sur une berline, mais perd en élégance par rapport à la génération précédente. Ce design volontairement expressif vise à marquer les esprits, même si certains pourraient le trouver trop caricaturale.
L'habitacle du DS N°7 reprend celui de la N°8, avec une planche de bord bien conçue et des matériaux haut de gamme comme le cuir Nappa en couleur Noir Byzantin ou l'aluminium bouchonné. Cependant, certains éléments comme les plastiques durs sur les contreportes ou la console centrale déçoivent pour un modèle premium. Le confort est un point fort : les sièges avant et arrière offrent un bon maintien, avec des options comme des buses de ventilation à la nuque ou des sièges massants. Le volume du coffre atteint 560 litres, mais il n'y a pas de frunk (compartiment de rangement avant). La suspension active, optionnelle, utilise une caméra pour adapter les amortisseurs aux imperfections de la route, offrant une conduite très souple.
Le DS N°7 est équipé d'un écran tactile de 16 pouces et d'un combiné numérique de 12,25 pouces pour le conducteur. L'interface, bien que sobre, souffre d'une réactivité limitée et de graphismes jugés trop baroques. La sonorisation 3D signée Focal est correcte, mais pas exceptionnelle. Les aides à la conduite incluent une vision nocturne avec caméra thermique, qui détecte les obstacles ou les êtres vivants via des carrés jaunes. Cependant, la conduite semi-autonome déçoit : le système a tendance à élargir les trajectoires dans les virages serrés, nécessitant une vigilance accrue du conducteur.
Le DS N°7 est disponible en version électrique E-Tense avec une batterie de 97 kWh, offrant une puissance de 245 ch (280 ch avec boost). Son 0 à 100 km/h s'effectue en 7,8 secondes, ce qui n'est pas sportif mais adapté à un SUV axé sur le confort. La suspension active, optionnelle, améliore grandement le comportement routier en gommant les imperfections. Cependant, le véhicule pèse 2 138 kg, ce qui se ressent dans les virages serrés où des mouvements de caisse latéraux apparaissent. L'insonorisation est excellente, avec une isolation remarquable des bruits d'air et de roulement. Le freinage, bien que correct, manque de mordant en raison d'une pédale trop souple.
Avec sa batterie de 97 kWh, le DS N°7 promet une autonomie WLTP de 740 km, mais seulement 480 km sur autoroute. En conditions réelles, une consommation moyenne de 18,5 kWh/100 km a été relevée, offrant une autonomie d'environ 525 km. Cependant, sa plateforme STLA Medium, limitée à 400 V, ne permet une recharge rapide que jusqu'à 160 kW, contre 300 kW ou plus pour certains concurrents. La marque annonce 27 minutes pour passer de 20 % à 80 % de charge, mais ce temps peut dépasser 30 minutes en partant de 10 %. Cette limite technique est un point faible face à la concurrence.
Le DS N°7 est proposé à partir de 46 990 € en entrée de gamme, mais une version haut de gamme comme la Long Range La Première atteint 75 020 € avec les options. DS utilise une stratégie tarifaire particulière en proposant des finitions sous forme de packs, ce qui permet de contourner les seuils de primes à l'achat pour les modèles dépassant 47 000 €. Face à cette concurrence premium, le N°7 doit rivaliser avec des modèles comme le BMW iX3 50 xDrive (72 950 €, 805 km WLTP) ou le Mercedes GLC (71 900 €, 673 km WLTP), qui offrent une technologie et une autonomie supérieures pour un prix similaire.
Le DS N°7 obtient une note globale de 7/10, avec des points forts majeurs comme son habitacle soigné, son confort remarquable (notamment grâce à la suspension active), son insonorisation travaillée et son autonomie grâce à sa grosse batterie. Cependant, il présente des faiblesses comme un système d'info-divertissement vieillissant, une base technique moyenne (notamment en recharge) et une concurrence plus intéressante sur le plan technologique. Malgré ces limites, le N°7 confirme le renouvellement réussi du SUV best-seller de DS, avec un positionnement premium bien assumé.

