Israël : les nouvelles révélations sur le 7 Octobre ébranleront-elles Nétanyahou ?
À sept semaines des législatives et à l’approche du troisième anniversaire des massacres du 7 Octobre, les révélations selon lesquelles Benyamin Nétanyahou aurait été averti des intentions du Hamas embarrassent le Premier ministre. Elles permettent aussi à ses adversaires de retourner contre lui les accusations de trahison visant l’appareil sécuritaire, devenues l’un des thèmes de campagne de son camp..
Dix jours avant les attaques du 7 octobre 2023, le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed (souvent appelé MBZ), aurait appelé Benyamin Nétanyahou pour l’avertir d’une opération majeure préparée par le Hamas. Selon l’enquête publiée par le quotidien israélien Ha’Aretz le 8 septembre 2026, Nétanyahou aurait estimé que le Hamas prévoyait plutôt une action en Cisjordanie, une région palestinienne sous contrôle israélien. Il n’aurait pas transmis cet avertissement aux chefs de l’armée ni aux services de renseignement israéliens. Cette révélation survient à sept semaines des élections législatives israéliennes et trois ans après les attaques du 7 octobre, qui avaient causé la mort de plus de 1 200 Israéliens et le kidnapping de 250 autres.
Benyamin Nétanyahou, Premier ministre israélien depuis 2009 (avec une interruption entre 2021 et 2022), a immédiatement démenti ces informations en qualifiant l’enquête de "mensonge absolu". Il a affirmé qu’aucun appel de Mohammed ben Zayed n’avait eu lieu. Cette réaction s’inscrit dans un contexte de tensions politiques accrues, alors que les élections législatives approchent. Les révélations sur les défaillances sécuritaires avant le 7 octobre sont devenues un thème central de la campagne, notamment pour ses adversaires politiques qui l’accusent de négligence.
L’enquête de Ha’Aretz a provoqué un tollé en Israël, avec des réactions de tous bords. Cependant, son impact sur l’opinion publique et les élections reste incertain. Comme le souligne la journaliste Linda Dayan dans Ha’Aretz, la société israélienne est déjà saturée de révélations sur les défaillances ayant précédé le 7 octobre. Cette nouvelle information pourrait être "le moment décisif pour un électeur encore indécis", mais rien ne garantit qu’elle changera le cours de la campagne. Les électeurs pourraient aussi considérer cette révélation comme une parmi d’autres, dans un contexte de défiance généralisée envers les institutions.
Les élections législatives israéliennes sont prévues dans sept semaines, soit en novembre 2026. Le thème des défaillances sécuritaires avant le 7 octobre est devenu un enjeu majeur de la campagne. Les adversaires de Nétanyahou, notamment ceux de gauche, utilisent ces révélations pour l’accuser de trahison et d’incompétence. Le Premier ministre, déjà fragilisé par des années de pouvoir et des scandales politiques, pourrait voir sa crédibilité encore érodée. Cependant, l’usure du pouvoir et la polarisation de la société israélienne rendent difficile de prédire l’impact réel de ces révélations sur le résultat électoral.
Les services de renseignement israéliens, comme le *Mossad* (service de renseignement extérieur) ou le *Shin Bet* (sécurité intérieure), sont au cœur des critiques depuis les attaques du 7 octobre. Ces services sont chargés de prévenir les menaces contre Israël, mais leur échec à anticiper l’attaque du Hamas a été largement documenté. Les nouvelles révélations suggèrent que des informations cruciales n’ont pas été transmises à la hiérarchie militaire ou politique, ce qui pourrait renforcer les accusations de dysfonctionnement au sein de l’appareil sécuritaire. Le *Mossad* et le *Shin Bet* sont des institutions clés dans la sécurité nationale israélienne, souvent comparées à la CIA américaine ou au MI6 britannique.

