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Droit

L’UE exige que Google partage ses données de recherche et ouvre Android aux IA rivales

Le Monde : Libertés numériques · mis à jour il y a 21 j

Les utilisateurs d’Android pourront bientôt choisir librement leur assistant d’IA, tandis que Google devra partager certaines données avec ses concurrents, bouleversant l’équilibre du marché numérique européen..

UE impose nouvelles règles

Le 16 juillet 2025, la Commission européenne a annoncé des mesures contraignantes pour le géant américain Google, dans le cadre du Digital Markets Act (DMA), un règlement européen visant à limiter les abus de position dominante des grandes entreprises technologiques. Ces règles obligent Google à partager ses données de recherche avec des concurrents d’ici janvier 2027 et à ouvrir son système d’exploitation Android aux intelligences artificielles (IA) tierces. L’objectif est de favoriser la concurrence et d’offrir plus de choix aux utilisateurs européens. Google devra également permettre aux assistants vocaux d’IA externes d’accéder à des fonctions clés d’Android, comme les réservations ou les informations sur les lieux visités, sous un délai d’un an. Ces décisions s’inscrivent dans une stratégie plus large de l’UE pour réguler le secteur numérique et protéger les consommateurs.

Google conteste les mesures

Google a réagi vivement aux décisions de la Commission européenne, estimant qu’elles pourraient compromettre la sécurité et la vie privée de millions d’utilisateurs. Kent Walker, président des affaires mondiales de Google, a déclaré que ces mesures risquaient de « saper des garde-fous essentiels » en matière de protection des données. L’entreprise argue que l’accès aux fonctions sensibles d’Android par des IA externes, sans garanties suffisantes, pourrait exposer les utilisateurs à des risques de cybersécurité. Google met en avant son rôle dans la validation des applications via les fabricants de téléphones et souligne que les données de recherche partagées pourraient affaiblir la confidentialité des citoyens et menacer la sécurité nationale. Ces arguments s’opposent directement à la position de l’UE, qui affirme avoir pris en compte les préoccupations de sécurité.

Données et vie privée protégées

Pour répondre aux craintes de Google, la Commission européenne a précisé que les données de recherche partagées seraient totalement anonymisées, garantissant ainsi la protection de la vie privée des internautes. Les concurrents souhaitant accéder à ces données devront également payer Google pour leur utilisation, ce qui pourrait générer des revenus supplémentaires pour le groupe. Bruxelles insiste sur le fait que ces mesures visent à équilibrer concurrence et sécurité, en imposant des contrôles stricts pour éviter tout abus. Le DMA, qui encadre ces décisions, est une procédure accélérée comparée aux enquêtes classiques, mais elle ne permet pas d’infliger des amendes. La Commission a souligné avoir accordé une « grande importance à l’intégrité, à la sécurité et à la confidentialité » lors de la mise en place de ces règles.

Contexte et enjeux économiques

Ces décisions s’inscrivent dans un contexte de lutte contre les abus de position dominante des géants de la tech, un sujet récurrent pour Google en Europe. En septembre 2024, l’UE avait déjà infligé une amende de 2,95 milliards d’euros à Google pour des pratiques anticoncurrentielles dans la publicité en ligne. En 2018, le groupe avait écopé d’une amende record de 4,1 milliards d’euros pour avoir imposé l’installation de Google Search sur les appareils Android, limitant ainsi le choix des utilisateurs. Le DMA, entré en vigueur pour renforcer la régulation, pourrait entraîner de nouvelles sanctions contre Google dans les prochains jours, selon des sources proches du dossier. Ces mesures visent à briser le monopole de Google sur les services de recherche et les IA, tout en protégeant les intérêts économiques et numériques de l’Europe.

Ce que ça pourrait changer

Pour les utilisateurs de smartphones et tablettes sous *Android*, ces nouvelles règles devraient se traduire par une plus grande liberté de choix. Ils pourront utiliser des assistants vocaux d’IA développés par des entreprises concurrentes de Google, comme *Gemini*, pour effectuer des tâches quotidiennes (réservations, informations sur un lieu visité, etc.). L’objectif est de diversifier l’offre et de réduire la dépendance aux services de Google, qui domine actuellement le marché. Cependant, l’application de ces mesures nécessitera une mise à jour majeure d’Android, ce qui pourrait entraîner des ajustements techniques pour les fabricants de téléphones et les utilisateurs. La Commission européenne espère ainsi stimuler l’innovation et offrir aux consommateurs européens des alternatives plus nombreuses et plus compétitives.

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