À Paris, le Club des seins veut ramener les femmes à la table des restaurants
Dans les colonnes du quotidien allemand “Frankfurter Allgemeine Zeitung”, Laura Roban dresse le portrait d’un cercle culinaire parisien unique en son genre. Il y a deux ans, Marion Seibel a fondé un club gastronomique exclusivement réservé aux femmes, qui se réunit mensuellement..
En 2024, Marion Seibel, une Parisienne de 32 ans, a fondé un club gastronomique parisien nommé Club des seins, exclusivement réservé aux femmes. Ce cercle culinaire se réunit une fois par mois dans différents restaurants de la capitale, comme le Super Huit situé dans le VIIIe arrondissement. L’objectif affiché est de créer un espace où les femmes peuvent se retrouver pour partager leur passion pour la gastronomie, échanger des idées et renforcer leur présence dans les lieux de restauration. Le club compte une quarantaine de membres, âgées de 20 à 60 ans, issues de milieux variés mais unies par leur intérêt commun pour la cuisine et la convivialité. Les réunions sont organisées autour de thèmes spécifiques, comme une dégustation de cuisine britannique lors de l’article, où les convives découvrent des plats comme des scotch eggs (œufs durs enveloppés dans de la saucisse et panés, coupés en deux et servis avec une sauce à la rhubarbe) ou des asperges vertes accompagnées d’œufs de caille au plat.
L’idée du Club des seins trouve son inspiration dans un mouvement plus large visant à encourager la présence des femmes dans les espaces publics, y compris les restaurants. Marion Seibel, qui a elle-même quitté son emploi dans l’informatique il y a vingt ans pour se consacrer à la cuisine en créant un blog, souhaite ainsi lutter contre une forme d’exclusion sociale. Selon elle, les femmes sont parfois moins visibles dans les lieux de restauration, notamment en raison de stéréotypes ou de contraintes sociales. Le nom du club, Club des seins, est un clin d’œil provocateur qui joue sur les mots pour attirer l’attention, sans pour autant définir clairement son lien avec l’activité principale du groupe. L’article souligne que ce type d’initiative est rare en France, où les clubs gastronomiques traditionnels sont souvent dominés par des hommes.
Le Club des seins fonctionne comme un réseau informel où les membres se retrouvent pour des dîners thématiques, souvent organisés dans des restaurants partenaires. Ces événements permettent aux participantes de découvrir de nouvelles saveurs, de discuter de tendances culinaires ou de partager des recettes. L’article mentionne que Marion Seibel a transformé le Super Huit en Supper Eight pour une soirée dédiée à la cuisine britannique, illustrant ainsi la flexibilité des lieux et la créativité des organisatrices. Ce club s’inscrit dans une démarche plus large de promotion de la gastronomie féminine et de visibilité des femmes dans un secteur où elles sont sous-représentées. Il reflète aussi une tendance actuelle en France et en Europe, où des initiatives similaires émergent pour encourager l’entrepreneuriat féminin et l’autonomie économique des femmes.
L’article est tiré d’un reportage publié dans le quotidien allemand *Frankfurter Allgemeine Zeitung* (*FAZ*), un journal de référence en Allemagne connu pour son traitement de l’actualité internationale et économique. Le *FAZ* est un média conservateur et libéral, fondé en 1949, qui s’adresse principalement aux milieux d’affaires et intellectuels allemands. Le reportage, signé par Laura Roban et traduit par Isabelle Boudon, met en lumière une initiative parisienne originale et son ancrage dans un débat plus large sur la place des femmes dans la société. L’article souligne que ce type de club gastronomique féminin est encore marginal en France, mais qu’il s’inscrit dans une dynamique internationale où des mouvements similaires existent, notamment en Allemagne ou aux États-Unis, pour promouvoir l’autonomie et la visibilité des femmes dans des espaces traditionnellement masculins.

