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El Niño va se maintenir jusqu’en février 2027 : l’OMM estime la probabilité à près de 100 %

Numerama · mis à jour il y a 17 j

L'Organisation météorologique mondiale estime désormais à près de 100 % la probabilité qu'El Niño se maintienne jusqu'en février 2027. C'est la première fois que l'OMM se dit aussi catégorique sur ce phénomène, synonyme de météo extrême sur une bonne partie du globe..

El Niño jusqu'en 2027

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) estime à près de 100 % la probabilité qu’El Niño persiste jusqu’en février 2027. C’est la première fois que l’OMM exprime une certitude aussi élevée pour un épisode de ce phénomène climatique. El Niño est un réchauffement naturel des eaux de surface du Pacifique équatorial, qui survient tous les deux à sept ans et dure généralement entre 6 et 18 mois. Cette fois, les scientifiques soulignent son intensité exceptionnelle, qualifiée de « très forte », avec des températures océaniques dépassant de plus de 2 °C les moyennes habituelles dès juillet 2026. Sous la surface, certaines zones du Pacifique ont même enregistré des anomalies de +8 °C en juillet et août 2026, un niveau inédit depuis au moins 1 000 ans selon une étude sur les coraux. L’OMM précise que cet épisode pourrait atteindre son pic d’ici la fin de l’année 2026 avant de s’atténuer progressivement.

Risques météo globaux

Un épisode El Niño « très fort » augmente significativement les risques de phénomènes météorologiques extrêmes à l’échelle mondiale. Les conséquences varient selon les régions, mais incluent des inondations, des sécheresses et des vagues de chaleur plus intenses ou plus fréquentes. Par exemple, l’Amérique du Sud, l’Afrique australe et l’Asie du Sud-Est pourraient subir des pluies diluviennes, tandis que l’Australie et l’Indonésie risquent des périodes de sécheresse prolongée. L’OMM souligne que l’intensité d’El Niño ne détermine pas automatiquement l’ampleur des impacts locaux : d’autres facteurs climatiques, comme le réchauffement climatique global, peuvent amplifier ou atténuer ces effets. António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a d’ailleurs alerté sur le fait qu’El Niño est « en train d’être surdimensionné sous nos yeux », en raison de sa combinaison avec le changement climatique.

Impacts sectoriels majeurs

El Niño perturbe plusieurs secteurs clés à l’échelle planétaire. En agriculture, les sécheresses ou les inondations peuvent réduire les récoltes, menaçant la sécurité alimentaire, notamment dans les pays dépendants des exportations de céréales. Dans le domaine de la santé, les vagues de chaleur et les maladies liées à l’eau (comme le choléra) voient leur risque augmenter. Pour l’énergie, les besoins en climatisation pourraient exploser lors des canicules, tandis que les barrages hydroélectriques pourraient souffrir de niveaux d’eau trop bas. Enfin, la gestion de l’eau devient plus complexe, avec des pénuries possibles dans certaines régions et des excès dans d’autres. Ces perturbations touchent aussi bien les pays en développement que les économies avancées, bien que leurs capacités d’adaptation diffèrent.

Cas particulier de la France

En France, les effets d’El Niño restent difficiles à prédire avec précision. L’été 2026 a déjà été le plus chaud jamais enregistré dans l’Hexagone, avec des pics de chaleur attendus début septembre, mais ces phénomènes ne sont pas directement liés à El Niño. Le réchauffement climatique joue un rôle majeur dans ces records, tandis qu’El Niño, phénomène naturel, s’y ajoute sans en être la cause unique. Les modèles actuels ne permettent pas de déterminer si la France sera épargnée ou non par les perturbations liées à El Niño. Les prévisions dépendront de nombreux facteurs régionaux, comme la position des courants-jets ou les interactions avec d’autres phénomènes climatiques. L’OMM promet de suivre l’évolution de la situation et d’ajuster ses prévisions au fur et à mesure.

Ce que ça pourrait changer

L’OMM surveille en temps réel l’évolution d’El Niño grâce à des indices comme l’*indice Niño 3.4*, qui mesure les anomalies de température à la surface du Pacifique. En août 2026, cet indice oscillait entre +2,2 °C et +2,6 °C, confirmant l’intensité « très forte » du phénomène. L’organisation publie régulièrement des mises à jour saisonnières pour informer les gouvernements, les entreprises et le grand public. Ces prévisions permettent d’anticiper les risques et d’adapter les stratégies d’adaptation, notamment dans les secteurs vulnérables. L’OMM insiste sur le fait que, bien qu’El Niño soit un phénomène naturel, son interaction avec le réchauffement climatique actuel rend son impact potentiellement plus dévastateur. Les prochains mois seront cruciaux pour évaluer l’ampleur réelle de ses conséquences.

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