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Environnement

«Ça menace toutes nos ressources» : aux États-Unis, les anti-data centers bousculent la campagne des midterms

Vert.eco · mis à jour il y a 15 j

Outre-Atlantique se construisent les plus grandes concentrations de centres de données au monde, aux impacts sociaux et environnementaux mal maîtrisés. En Virginie, Vert a rencontré des riverain·es qui tentent d’obtenir une pause dans le développement de ces infrastructures, à quelques jours des élections de mi-mandat..

Contexte politique

En octobre 2026, dans l’État de Virginie aux États-Unis, la sénatrice démocrate Russett Perry organise un rassemblement contre la prolifération des data centers (centres de données), des infrastructures numériques géantes. Elle y défend un projet de loi visant à instaurer un moratoire (pause temporaire) sur leur construction. Ce rassemblement s’inscrit dans le cadre des midterms (élections législatives américaines de mi-mandat), qui auront lieu le 3 novembre 2026. Ces élections sont cruciales pour tester la popularité du président Donald Trump, dont les politiques controversées, comme la guerre en Iran, ont provoqué une hausse des prix de l’essence. Le sujet des data centers est devenu un enjeu électoral majeur, avec 40 % des campagnes électorales en Virginie abordant ce thème en août 2026, selon le Washington Post.

Problèmes des data centers

Les data centers sont des bâtiments qui stockent et traitent des données numériques, comme celles utilisées par les services de cloud computing (stockage en ligne) ou l’intelligence artificielle (IA). Leur développement s’est accéléré avec l’essor de l’IA générative, comme ChatGPT, lancé fin 2022. En Virginie, ces infrastructures sont particulièrement concentrées dans le comté de Loudoun, surnommé la Data center alley (l’allée des centres de données), où leur nombre a doublé en un an, passant à 400 bâtiments en 2026. Leur consommation électrique est massive : en 2026, la Virginie atteint une puissance cumulée de 12,3 gigawatts (GW), soit l’équivalent de 12 réacteurs nucléaires. Ces centres posent plusieurs problèmes : une consommation électrique massive, une pression sur les ressources en eau, une dégradation de la qualité de l’air, et des risques pour la fiabilité du réseau électrique. Leur construction s’accompagne souvent d’infrastructures polluantes, comme des centrales à gaz ou des lignes à haute tension.

Mobilisation citoyenne

Face à ces enjeux, une mobilisation citoyenne s’organise en Virginie, avec des marches pour un moratoire sur les data centers. Des associations comme le Loudoun Climate Project, la Fondation foncière de Virginie ou le Chesapeake Climate Action Network jouent un rôle clé. Julie Bolthouse, directrice de l’aménagement du territoire au Conseil environnemental du Piedmont, dénonce les impacts sur les ressources locales et les profits à court terme des entreprises. Ashley Warmeling, co-présidente d’un collectif local, explique que la construction de ces centres se fait parfois à proximité immédiate des habitations, comme dans son propre jardin. Les manifestants critiquent aussi les infrastructures secondaires nécessaires à ces centres, comme les pipelines ou les lignes à haute tension, qui pourraient devenir obsolètes si la bulle de l’IA éclatait.

Enjeux partisans et locaux

Le mouvement contre les data centers transcende les clivages politiques. Bien que les manifestants de Leesburg soient majoritairement démocrates, des républicains, comme ceux du Tea Party (mouvement conservateur), s’opposent aussi à ces infrastructures. Les raisons varient : coût de l’électricité, risques pour la santé, ou défense de la propriété privée. En Virginie, les élus locaux, même démocrates, ne peuvent ignorer les préoccupations de leurs administrés. Cependant, malgré des blocages ponctuels, comme celui du projet Prince William Digital Gateway (une zone technologique de 850 hectares), la tendance reste à l’expansion de ces centres, bien que plus encadrée. Les analystes de Cushman & Wakefield notent que la valeur des implantations en Virginie augmente, malgré les obstacles.

Ce que ça pourrait changer

Pour limiter les impacts des *data centers*, plusieurs solutions sont envisagées. La sénatrice Russett Perry propose un **moratoire** (pause temporaire) sur leur construction, comme ceux déjà instaurés dans les États de New York en juillet 2026 et au Texas en août 2026. Les associations demandent aussi une évaluation des **impacts sanitaires et environnementaux** de ces infrastructures avant toute nouvelle autorisation. Enfin, certains collectifs, comme *Block Valley Link North*, s’opposent à la construction de lignes à haute tension nécessaires à l’alimentation des *data centers*. Ces solutions visent à protéger les ressources locales tout en régulant un secteur en pleine expansion.

Sujets complémentaires

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