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Généraliste

En pleine crise du logement, Sánchez convoque des élections anticipées en Espagne

Le Devoir · mis à jour 5 oct.

Le premier ministre espagnol tente de tirer profit du rejet par les élus de mesures destinées à mettre fin à la crise..

Crise du logement en Espagne

L'Espagne traverse une crise majeure du logement, marquée par des difficultés d'accès à un toit pour de nombreux citoyens. Cette situation a été illustrée par l'expulsion d'une femme de 87 ans, Maricarmen Abascal, contrainte de quitter un logement qu'elle occupait depuis 70 ans après son rachat par un fonds d'investissement. Ce fonds souhaitait augmenter le loyer de 275 %, un montant exceptionnellement élevé qui a provoqué une vague d'indignation dans le pays. Des milliers de personnes ont manifesté à travers l'Espagne, avec des rassemblements massifs à Madrid, où un campement a été installé sur la Puerta del Sol, un lieu symbolique du centre-ville. Les revendications portent notamment sur la suspension des expulsions pour les personnes vulnérables, la régulation des loyers et la lutte contre les fonds d'investissement immobiliers surnommés « fonds vautours », qui achètent des logements pour les revendre ou les louer à des prix inabordables. Cette crise s'inscrit dans un contexte où les prix de l'immobilier ont fortement augmenté ces dernières années, rendant l'accès au logement de plus en plus difficile pour une partie de la population.

Décision de Sánchez

Le premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé le 29 octobre la convocation d'élections législatives anticipées pour le 29 novembre, soit près de quatre ans avant la date prévue initialement (mi-2027). Cette décision fait suite au rejet par le Parlement de ses propositions pour résoudre la crise du logement, notamment la suspension des expulsions jusqu'en 2030 et la régulation des loyers. Sánchez a justifié ce choix par la nécessité d'obtenir une majorité plus large au Parlement pour faire adopter ses réformes. Il a évoqué une « reconstruction nationale » et la nécessité de « conquérir de nouveaux progrès sociaux ». Cette annonce intervient alors que son gouvernement, en place depuis 2018, est affaibli par des scandales de corruption impliquant des proches, dont sa femme, ainsi que par des critiques sur sa gestion de la crise migratoire à Ceuta, une enclave espagnole en Afrique du Nord. Sánchez a également souligné que ces élections permettraient de trancher entre un gouvernement « qui aspire seulement à survivre » et un pays « qui pense à son avenir ».

Contexte politique

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), au pouvoir, est actuellement en coalition avec un autre parti de gauche, mais cette alliance est minoritaire au Parlement. Les derniers sondages placent le Parti populaire (PP), principal parti d'opposition de droite, en tête pour les prochaines élections. Cependant, le PP n'obtiendrait pas la majorité absolue et pourrait devoir négocier avec Vox, un parti d'extrême droite actuellement troisième force politique du pays. Le chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, a salué la tenue de ces élections anticipées, affirmant que les Espagnols pourraient enfin se prononcer. Il a présenté ces élections comme un choix entre « la corruption et la décence, entre la décadence et la prospérité ». Le PSOE de Sánchez, affaibli par les scandales et les critiques, mise sur la colère des électeurs de gauche contre les partis de droite pour tenter de conserver le pouvoir. Les élections de novembre s'annoncent donc comme un scrutin clé pour l'avenir politique de l'Espagne.

Manifestations et mobilisation

La crise du logement a déclenché un mouvement de protestation sans précédent en Espagne, avec des manifestations rassemblant des dizaines de milliers de personnes dans tout le pays. À Madrid, un campement a été installé sur la Puerta del Sol, un lieu emblématique du centre-ville, pour faire pression sur les autorités. Les manifestants, soutenus par des syndicats de locataires comme celui d'Alicia del Río, réclament des réformes urgentes, dont l'interdiction des expulsions pour les personnes vulnérables et la régulation des loyers. Ces mobilisations, qui se poursuivent depuis plusieurs jours, ont également donné lieu à un appel à la grève générale. Les défenseurs du droit au logement estiment que la situation est « irrésistible » et que la pression populaire pourrait forcer les partis politiques à agir. Cette vague de protestations a mis en lumière l'urgence de la crise et a contribué à la décision de Sánchez de convoquer des élections anticipées.

Ce que ça pourrait changer

En parallèle de la crise du logement, le gouvernement de Sánchez est critiqué pour sa gestion de la crise migratoire à *Ceuta*, une enclave espagnole située en Afrique du Nord. Fin juillet, des milliers de migrants venus du Maroc ont franchi la frontière terrestre, provoquant une situation chaotique. Des milliers de personnes vivent encore dans des camps improvisés, et la population locale manifeste presque quotidiennement pour réclamer un retour à la normale. Cette crise a mis en lumière les tensions aux frontières européennes et les difficultés de l'Espagne à gérer l'afflux de migrants. Le roi d'Espagne, *Felipe VI*, doit se rendre à Ceuta dans les huit jours suivant l'annonce des élections, ce qui pourrait encore alimenter les débats politiques. Cette situation ajoute une pression supplémentaire sur le gouvernement, déjà fragilisé par les scandales et les critiques sur sa gestion de la crise du logement.

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