Un chantier informatique vient hanter Christine Fréchette à la veille du premier face-à-face
Évoquant SAAQclic, les oppositions ont lié la cheffe de la CAQ aux importants dépassements de coût du projet SIFA..
Un chantier informatique nommé Système d’information en finances et en approvisionnement (SIFA) est au cœur d’une polémique politique au Québec. Ce projet vise à moderniser les outils de gestion de la santé en remplaçant une quarantaine de systèmes existants. Initialement lancé en 2016 par les libéraux, il a été repris par la CAQ, dirigée par Christine Fréchette. Le coût prévu à l’époque était de 96 millions de dollars, mais il est désormais estimé à plus d’un milliard de dollars, selon des données révélées par Radio-Canada. Ce dépassement s’explique notamment par des failles sévères signalées dès l’été 2026 par le sous-ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Stéphane Le Bouyonnec, ainsi que par un rapport de la firme KPMG. Malgré ces alertes, le gouvernement a validé en juillet 2026 une nouvelle injection de fonds pour poursuivre le projet.
La CAQ, représentée par France-Élaine Duranceau, conteste les chiffres avancés concernant le coût de SIFA. Selon elle, le montant d’un milliard de dollars évoqué par les médias repose sur des hypothèses de travail erronées. Elle affirme que le budget autorisé par le Conseil des ministres s’élève à 329,4 millions de dollars. La CAQ défend le projet en soulignant que sa modernisation permettra des économies estimées à 1,2 milliard de dollars sur le long terme. Cependant, les oppositions politiques, dont les libéraux, le Parti québécois et Québec solidaire, critiquent vivement cette gestion. Ils comparent ce dossier à l’affaire SAAQclic, un autre projet informatique controversé de la CAQ ayant dépassé son budget initial de 600 millions de dollars. Pour ces partis, Christine Fréchette, en tant que présidente du Conseil du trésor, porte la responsabilité de ces dépassements.
Les partis d’opposition ont saisi cette polémique pour attaquer Christine Fréchette à la veille du premier débat télévisé de la campagne électorale. Charles Milliard, chef libéral, a dénoncé un Fréchette pur jus, soulignant que la cheffe de la CAQ ne peut plus se cacher derrière le bilan de son parti. Monsef Derraji, député libéral, a même accusé Fréchette d’avoir enfreint la loi en ignorant les avis d’experts comme KPMG. Québec solidaire et le Parti québécois ont également pointé du doigt sa responsabilité directe dans ce projet, alors que le Parti conservateur d’Éric Duhaime a comparé ce dépassement à celui de SAAQclic, affirmant que la CAQ n’a pas tiré les leçons de ses erreurs. Marie-Claude Sarrazin, candidate péquiste, a qualifié ces dépenses de milliard gaspillé et proposé un audit de tous les projets informatiques en cours si son parti était élu.
Cette affaire survient dans un contexte de campagne électorale tendue au Québec, où les partis se préparent pour les débats télévisés. Deux sondages publiés le 14 septembre 2026, réalisés par Léger et Synopsis, révèlent un recul de la CAQ, qui passe de 24 % à 21 % des intentions de vote depuis la fin août 2026. Le Parti québécois, en tête après répartition des indécis, profite de cette situation. Les francophones continuent de se détourner des libéraux, qui ne recueillent que 10 % de leurs intentions de vote. Le Parti conservateur, mené par Éric Duhaime, atteint 17 %, tandis que Québec solidaire reste stable à 10 %. Cette dynamique montre que la polémique autour de SIFA pourrait influencer le vote des électeurs, alors que la guerre tarifaire commence à s’estomper.

