Trump offre des fleurs à Erdogan et réserve le pot pour les autres pays de l’OTAN
En marge du sommet de l'OTAN qui s'amorce, il a répété ses griefs à l'endroit des pays de l'Alliance..
Le sommet de l’OTAN se tient en Turquie, un événement diplomatique majeur où les dirigeants des 32 pays membres se réunissent pour discuter de sécurité collective. Cet article est publié à l’aube de cette rencontre, alors que les tensions entre les États-Unis et plusieurs alliés européens sont mises en lumière. L’OTAN, ou Organisation du traité de l’Atlantique Nord, est une alliance militaire créée en 1949 pour assurer la défense mutuelle de ses membres. Elle repose sur l’article 5 du traité, qui stipule qu’une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. Les dépenses militaires des pays membres, souvent critiquées par les États-Unis, sont au cœur des discussions. En 2023, les 32 pays se sont engagés à consacrer au moins 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) à leurs dépenses de sécurité d’ici 2035, dont 3,5 % pour les dépenses militaires.
Donald Trump, président des États-Unis, a multiplié les marques de sympathie envers Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie et hôte du sommet. Il a annoncé son intention de lever les sanctions américaines imposées à la Turquie depuis 2019, en raison de l’achat par Ankara d’un système de défense antiaérien russe. Trump a justifié cette décision en soulignant la loyauté de la Turquie envers les États-Unis, tout en critiquant d’autres pays de l’OTAN. Il a également évoqué la possibilité de reprendre la vente de chasseurs F-35 à la Turquie, un avion de combat de 5e génération développé par les États-Unis. Lors de cette rencontre, Trump a déclaré : « Nous sommes de grands amis. Depuis le début, nous avons une chimie incroyable », tout en se disant sensible à des marques de respect comme la mention de son nom dans un aéroport turc.
Donald Trump a réitéré ses critiques envers l’OTAN, une alliance qu’il juge déséquilibrée au profit des États-Unis. Il a menacé de réduire les troupes américaines stationnées en Europe, évoquant un retrait de 5 000 militaires en Allemagne il y a deux mois et envisageant une réduction d’un tiers des effectifs sur le continent. Trump a justifié cette position par le manque d’engagement financier des alliés, citant notamment l’Italie, l’Allemagne et la France qui ont refusé de soutenir les États-Unis dans leur conflit avec l’Iran. Il a également réaffirmé son souhait que le Groenland, territoire autonome danois, soit sous contrôle américain, invoquant sa position stratégique face à la présence de navires chinois et russes. Selon lui, le Danemark ne contribue pas suffisamment à la défense de cette région.
Les dépenses militaires des pays de l’OTAN sont un sujet récurrent de tension, les États-Unis exigeant un effort accru de leurs alliés. En 2023, les 32 membres se sont engagés à consacrer 5 % de leur PIB à la sécurité d’ici 2035, dont 3,5 % pour les dépenses militaires. À l’approche du sommet, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a annoncé des contrats d’armement s’élevant à plusieurs milliards de dollars, dans l’espoir de rassurer Washington sur la volonté des alliés de renforcer leurs capacités de défense. Ces dépenses incluent l’achat de systèmes de défense, d’avions de combat et d’autres équipements militaires. Par exemple, l’Allemagne et la France ont récemment commandé des avions de combat pour moderniser leurs flottes.
Donald Trump a évoqué sa relation avec Giorgia Meloni, Première ministre italienne, marquée par des tensions récentes. Après un échange houleux lors du sommet du G7 en France le mois précédent, Trump a publié sur sa plateforme *Truth Social* une image manipulée de Meloni, accompagnée de la légende *« Ordonnance de protection nécessaire »*. Il a ensuite nuancé ses propos en déclarant l’apprécier, tout en critiquant son refus de soutenir les États-Unis dans le dossier de l’Iran et du détroit d’Ormuz. Meloni avait précédemment démenti les accusations de Trump, affirmant que ses attaques n’avaient aucun sens et que sa popularité ne dépendait pas de sa relation avec lui. Ces échanges illustrent les frictions entre l’Italie et les États-Unis sur la scène internationale.

