Le TGV Toronto-Québec coûterait au moins 75 milliards, selon la directrice parlementaire du budget
Et la facture pourrait atteindre jusqu’à 113 milliards de dollars, calcule-t-elle..
Le projet de train à grande vitesse (TGV) reliant Toronto et Québec pourrait coûter entre 75 et 113 milliards de dollars selon une analyse indépendante, alors que le gouvernement fédéral estimait initialement un coût compris entre 60 et 90 milliards. Cette révision à la hausse provient de la directrice parlementaire du budget (DPB), Annette Ryan, qui s’est basée sur des comparaisons avec des projets européens. Le terme TGV désigne un train circulant à grande vitesse, généralement au-delà de 250 km/h, conçu pour relier rapidement des villes éloignées. La DPB souligne que les coûts pourraient varier en fonction des défis géographiques spécifiques au tracé canadien, comme le creusement de tunnels à Montréal ou la traversée du Bouclier canadien, une région rocheuse et peu urbanisée du Canada.
La DPB explique que les dépassements de coûts observés dans d’autres pays, comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, sont souvent liés à des retards dans l’obtention des permis, des expropriations complexes ou des difficultés techniques. Pour éviter ces écueils, le Canada a adopté deux projets de loi, C-5 et C-15, visant à accélérer la réalisation des grands projets d’infrastructure. Ces lois pourraient limiter les risques de surcoûts, mais la DPB reste prudente en raison des particularités du tracé canadien. Par exemple, le creusement de tunnels à Montréal et la traversée du Bouclier canadien représentent des défis techniques majeurs qui pourraient alourdir la facture.
Les retombées économiques du projet devraient être modestes au début des travaux. En 2029, première année du chantier, le projet ajouterait environ 1,8 milliard de dollars à l’économie et créerait 4 300 emplois. Cinq ans plus tard, en 2033, les retombées seraient de 2 milliards de dollars avec 9 000 emplois. Ces chiffres proviennent d’une analyse de la DPB qui souligne que ces estimations restent relativement faibles comparées à l’ampleur de l’investissement. La directrice parlementaire du budget a également annoncé qu’une autre analyse sera publiée ultérieurement pour évaluer si l’achalandage futur du TGV sera suffisant pour couvrir les coûts d’exploitation et assurer sa viabilité financière.
Le gouvernement fédéral prévoit dévoiler le tracé détaillé du TGV entre Montréal et Ottawa à l’automne 2025. Ce tronçon fait partie d’un projet plus large reliant Toronto et Québec, mais il suscite déjà des débats. Par exemple, le fonds de pension PSPP (Public Sector Pension Investment Board) a exprimé des réserves, craignant que le train ne serve principalement à relier plus rapidement Toronto, sans répondre aux besoins locaux. La DPB, quant à elle, se concentre sur l’analyse des coûts et des retombées économiques, tout en préparant une étude sur l’achalandage futur du TGV, qui sera cruciale pour déterminer si le projet est viable à long terme.

