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Géopolitique

Hausse du carburant en Belgique : “Aura-t-on encore assez d’argent à la fin du mois pour aller travailler ?”

Courrier International · mis à jour 7 oct.

Alors que le litre de diesel dépassait 2,50 euros à la pompe, le quotidien bruxellois “L’Écho” est allé à la rencontre de quelques indépendants, ceux qui sont souvent sur la route, afin de voir comment ils réagissent à cette nouvelle crise..

Prix record du diesel

En octobre 2026, le prix du carburant en Belgique atteint un niveau historique : le litre de diesel dépasse les 2,50 euros à la pompe. Ce seuil psychologique de 2,50 euros est perçu comme un symbole de la crise actuelle par les consommateurs. Isabelle Hubert, aide à domicile en milieu rural, illustre cette situation : son budget mensuel pour le carburant peut atteindre plus de 500 euros, soit un tiers de son salaire net de 1 500 euros. Cette hausse brutale des prix s'inscrit dans un contexte de tensions économiques plus larges, où les travailleurs indépendants et les professions mobiles sont particulièrement vulnérables. Le diesel, carburant majoritairement utilisé par les véhicules professionnels en Belgique, voit son coût fluctuer en fonction des cours internationaux du pétrole, souvent instables en raison de crises géopolitiques ou de décisions des pays producteurs.

Impact sur les indépendants

Les travailleurs indépendants, comme les aides à domicile, les artisans ou les livreurs, sont directement touchés par cette hausse des prix du carburant. Isabelle Hubert, qui effectue en moyenne trois à quatre visites par jour pour assister des personnes en perte d'autonomie, dépend entièrement de sa voiture pour son activité. Avec un salaire net de 1 500 euros, elle doit non seulement financer son carburant, mais aussi d'autres dépenses liées à son véhicule et à son logement. La question n'est plus seulement de savoir comment payer le plein d'essence, mais aussi si elle pourra encore se rendre à ses rendez-vous professionnels à la fin du mois. Cette situation illustre un paradoxe économique : ces travailleurs, essentiels à la société, voient leur pouvoir d'achat s'éroder, ce qui menace leur capacité à exercer leur métier.

Incertitude économique

L'incertitude domine parmi les professionnels concernés. Isabelle Hubert déclare : « On ne sait pas où ça va s’arrêter », soulignant l'absence de visibilité sur l'évolution future des prix. Cette inquiétude reflète une crise plus large, où les travailleurs précaires ou indépendants sont les premiers à subir les chocs économiques. Le seuil de 2,50 euros par litre de diesel est perçu comme un point de rupture, au-delà duquel la situation devient insoutenable. Les mécanismes de protection sociale en Belgique, comme les aides aux travailleurs indépendants, ne semblent pas suffisants pour absorber un tel choc. Cette crise met en lumière les failles d'un système où les métiers essentiels, souvent peu rémunérateurs, deviennent économiquement intenables.

Contexte belge et rural

La situation est particulièrement critique en Belgique, où les déplacements professionnels sont fréquents, notamment dans les zones rurales comme la région de Maredsous. Les aides à domicile (ADMR) y sont essentielles pour accompagner les personnes âgées ou dépendantes, mais leur activité repose sur des trajets quotidiens coûteux. Le contexte rural aggrave la problématique, car les alternatives aux véhicules personnels (transports en commun, covoiturage) sont souvent limitées ou inexistantes. Cette dépendance à la voiture transforme un simple besoin de mobilité en un poste de dépense majeur, mettant en péril la viabilité économique de ces métiers. Le reportage souligne ainsi les disparités entre les zones urbaines et rurales, où les solutions collectives peinent à se déployer.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette crise, les travailleurs indépendants tentent de s'adapter, mais les marges de manœuvre sont réduites. Certains pourraient être contraints de réduire leurs déplacements, limitant ainsi leur activité professionnelle et leur revenu. D'autres pourraient envisager de partager leur véhicule ou d'utiliser des applications de covoiturage, mais ces solutions ne suffisent pas toujours à compenser la hausse des coûts. Isabelle Hubert, par exemple, ne peut pas réduire le nombre de ses visites sans mettre en danger la qualité de son travail et la santé de ses bénéficiaires. Cette situation illustre un cercle vicieux : moins de déplacements signifie moins de revenus, mais plus de déplacements signifie des dépenses insoutenables. Les travailleurs indépendants se retrouvent ainsi pris au piège entre leur devoir professionnel et leur équilibre financier.

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