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Juste avant sa retraite, ce booster de SpaceX fournit un élixir de jeunesse à de vieux satellites

Numerama · mis à jour il y a 15 j

Lors de son 32e et dernier vol, un booster de Falcon 9 (SpaceX) a mis en orbite un vaisseau qui doit aller à la rencontre de plusieurs satellites pour prolonger leur vie. Une mission rare, et techniquement plutôt complexe..

Dernier vol d'un booster

Le 21 juillet 2026, SpaceX a lancé pour la 32e et dernière fois son booster Falcon 9, désigné sous le nom de code B1069. Ce composant, qui constitue la partie basse de la fusée, avait frôlé la destruction dès sa première mission mais a finalement accumulé un nombre record de vols. Ce dernier lancement, effectué depuis Cap Canaveral en Floride, avait une mission particulière : transporter un vaisseau spatial conçu pour prolonger la durée de vie de satellites en fin de vie. Cette opération illustre une avancée technologique dans le domaine spatial, où les équipements sont de plus en plus réutilisés pour réduire les coûts et l'impact environnemental des missions.

Mission de rajeunissement spatial

Le vaisseau spatial envoyé par le booster Falcon 9 B1069 est un MRV (Mission Robotic Vehicle), développé par l'entreprise Northrop Grumman. Ce véhicule transporte trois pods appelés MEP (Mission Extension Pods), qui sont des modules de propulsion électrique. Le MRV a pour objectif de se rendre à l'altitude de 36 000 kilomètres, où évoluent les satellites géostationnaires, et d'y fixer un MEP sur chacun de trois satellites vieillissants. Ces pods fournissent une nouvelle source de propulsion, permettant aux satellites de rester en orbite et de fonctionner pendant au moins six années supplémentaires. Contrairement à des missions précédentes comme MEV-1 et MEV-2, où un seul satellite était sauvé par mission, cette opération permet de prolonger la vie de trois satellites avec un seul lancement.

Technologie des pods MEP

Les pods MEP ne remplacent pas le carburant des satellites, mais leur fournissent un nouveau moteur électrique. Ce système s'installe sur l'anneau de fixation du satellite, qui servait initialement à le maintenir lors de son lancement. Grâce à deux bras robotiques, le MRV positionne précisément le pod MEP, qui intègre des moteurs électriques. Ces moteurs permettent au satellite de maintenir sa position en orbite et d'effectuer les corrections nécessaires pour éviter une désorbitation prématurée. Cette technologie représente une solution innovante pour les satellites géostationnaires, dont la durée de vie est souvent limitée par l'épuisement de leurs propres systèmes de propulsion.

Acteurs et enjeux économiques

Les satellites concernés par cette mission appartiennent à deux entreprises : Intelsat et Optus. Intelsat, un opérateur de satellites de télécommunications, voit dans cette technologie une opportunité de prolonger la durée de vie de ses infrastructures coûteuses sans avoir à lancer de nouveaux satellites. Optus, une entreprise australienne de télécommunications, bénéficie également de cette solution pour maintenir ses services en orbite. Cette mission s'inscrit dans un secteur émergent appelé « in-orbit servicing » (services en orbite), qui vise à développer des technologies pour entretenir, réparer ou prolonger la vie des satellites en orbite. Ce domaine est considéré comme stratégique pour l'industrie spatiale, car il pourrait réduire les coûts et l'encombrement de l'espace circumterrestre.

Ce que ça pourrait changer

Cette opération marque une étape importante pour l'industrie spatiale, car elle démontre la faisabilité technique et économique de l'entretien des satellites en orbite. Jusqu'à présent, les satellites en fin de vie étaient généralement abandonnés, contribuant à l'accumulation de débris spatiaux. Avec des solutions comme le MRV et les pods MEP, il devient possible de prolonger leur utilité sans multiplier les lancements. Cette approche s'aligne avec les objectifs de durabilité spatiale, un enjeu crucial alors que le nombre de satellites en orbite augmente rapidement. Elle ouvre également la voie à des missions encore plus ambitieuses, comme la réparation ou le ravitaillement de satellites, réduisant ainsi la dépendance aux lancements coûteux.

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