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Pour le FMI, une chute des cours de l’IA menacerait la stabilité financière mondiale

Next.ink · mis à jour il y a 2 j

Alors que les gains économiques produits par l’IA « pourraient ne pas être aussi importants que prévus », le FMI souligne le fait qu’une correction des actifs spécifiques à ce marché pourrait avoir des répercussions sur la stabilité financière mondiale. Une chute des cours des sociétés constructrices d’intelligence artificielle, en provoquant des secousses sur les marchés mondiaux, […].

Risque de correction IA

Le Fonds monétaire international (FMI) alerte sur les dangers d’une chute brutale des cours des entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle (IA). Une telle correction pourrait provoquer des secousses majeures sur les marchés financiers mondiaux et menacer la stabilité financière globale. Selon le rapport bisannuel du FMI publié en octobre 2026, ce risque est lié à une possible diminution des investissements ou de la rentabilité dans l’IA, ainsi qu’à une surévaluation actuelle des actifs de ce secteur. Le FMI souligne que les gains économiques attendus de l’IA pourraient être moins importants que prévu, remettant en cause les valorisations actuelles des entreprises du secteur.

Effets de levier dangereux

Le FMI identifie trois principaux effets de levier qui pourraient aggraver une crise liée à l’IA. Le premier concerne les investissements massifs dans les centres de données hyperscalers, dont la part dans les obligations mondiales notées entre AAA et BBB- (qualité investment-grade) est passée de 1 % à 10 % depuis 2024. Les économies avancées ont également augmenté leur exposition aux actions des entreprises d’IA, souvent via des fonds spéculatifs. Enfin, les investisseurs particuliers ont accru leur exposition à effet de levier aux actions du secteur, notamment par le biais d’ETF (Exchange-Traded Funds, fonds négociés en bourse). Ces mécanismes amplifient les risques de contagion en cas de crise. Par exemple, 14 entreprises du secteur ont investi 300 milliards de dollars les unes dans les autres depuis 2023, renforçant leur interdépendance financière.

Concentration des risques

Sept entreprises, surnommées les « sept magnifiques », concentrent à elles seules 35 % de la valorisation de l’indice S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes sociétés cotées aux États-Unis. Ces entreprises sont Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla. Leur domination expose les marchés à un risque systémique en cas de crise, car leur effondrement pourrait entraîner des pertes massives pour les investisseurs du monde entier. Athanasios Vamvakidis, directeur adjoint du FMI, a souligné en juillet 2026 que l’exposition mondiale aux actifs américains n’avait jamais été aussi élevée, ce qui augmente la vulnérabilité des économies asiatiques comme la Corée du Sud et Taïwan, les plus exposées à une correction de l’IA.

Menace des fonds spéculatifs

Les fonds spéculatifs (hedge funds) jouent un rôle croissant sur les marchés financiers, avec des actifs estimés à 13 000 milliards de dollars en 2026, soit trois fois plus qu’en 2013. Bien qu’ils puissent améliorer la liquidité et le partage des risques en période stable, ils sont également capables d’amplifier la volatilité et de réduire la liquidité en cas de tensions. Le FMI met en garde contre leur capacité à accroître les risques systémiques, notamment en cas de chute des valorisations de l’IA. Leur influence grandissante soulève des questions sur la régulation nécessaire pour limiter ces effets négatifs.

Cybermenaces et résilience

Le FMI souligne que les cybermenaces représentent un risque majeur pour la stabilité financière, en particulier avec la dématérialisation croissante des services bancaires et financiers. Une attaque majeure ciblant des systèmes de paiement, des bourses ou des dépôts pourrait causer des pertes immédiates et éroder la confiance des marchés. Si cette attaque vise un acteur central comme une grande banque ou un fournisseur de services cloud, elle pourrait déclencher une crise de confiance plus large, perturbant l’octroi de crédits et les services financiers. Le FMI note que les petites structures sont souvent moins préparées que les grandes banques, malgré une sophistication croissante des attaques. Il recommande aux États de renforcer la cybersécurité, la surveillance des risques et les tests de résilience pour protéger les services essentiels.

Ce que ça pourrait changer

Pour limiter ces risques, le FMI appelle les pouvoirs publics à surveiller et maîtriser les effets de levier excessifs liés à l’IA, notamment en régulant les expositions financières trop importantes. Il recommande également de renforcer la cyberrésilience en priorisant la continuité des services essentiels. Les actions proposées incluent l’amélioration des capacités en cybersécurité, la mise en place de mécanismes de signalement des incidents, une meilleure surveillance des risques liés aux tiers et des tests réguliers de résilience. Ces mesures visent à éviter que des chocs localisés ne se transforment en crises systémiques affectant l’ensemble de l’économie mondiale.

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