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«Carrie», la tragédie sans monstres de Mike Flanagan

Le Devoir · mis à jour 2 oct.

Le cinéaste états-unien revient sur son adaptation télévisée du célèbre roman de Stephen King..

Nouvelle adaptation de Carrie

Mike Flanagan, réalisateur américain connu pour ses séries d'horreur comme The Haunting of Hill House, adapte en série télévisée le roman Carrie de Stephen King. Cette version, intitulée simplement Carrie, sera diffusée sur Prime Video à partir du 7 octobre. Il s'agit de la quatrième adaptation de l'univers de King par Flanagan, après Gerald's Game (2017), Doctor Sleep (2019) et The Life of Chuck (2024). Le roman original, publié en 1974, raconte l'histoire de Carrie White, une adolescente harcelée à l'école, qui découvre qu'elle possède des pouvoirs télékinétiques. Le film de 1976 avec Sissy Spacek est resté dans les mémoires pour sa scène finale spectaculaire où Carrie se venge lors d'un bal. Flanagan souligne que cette nouvelle adaptation met l'accent sur l'aspect tragique et humain de l'histoire plutôt que sur la vengeance pure.

Vision humaniste de King

Mike Flanagan insiste sur le fait que Stephen King, souvent considéré comme un maître de l'horreur, est avant tout un humaniste optimiste qui explore les extrêmes de la nature humaine. Pour Flanagan, Carrie n'est pas seulement une histoire de vengeance, mais une tragédie qui illustre les conséquences de la cruauté et de l'incompréhension envers les personnes vulnérables. Il explique que le roman traite de la façon dont la société agit souvent avec impunité envers ceux qui sont différents, notamment les adolescents marginalisés. Cette vision a guidé Flanagan dans son adaptation, où il cherche à montrer la complexité des personnages, y compris ceux qui ont été perçus comme des monstres dans les versions précédentes. Le cinéaste souligne que cette approche permet de mieux comprendre les motivations et les parcours des personnages autour de Carrie.

Contexte moderne et enjeux actuels

Flanagan explique que l'idée d'une série télévisée est née de la volonté de réactualiser Carrie pour refléter les réalités des adolescents américains d'aujourd'hui. Il cite notamment l'impact des réseaux sociaux, la montée des fusillades en milieu scolaire et la polarisation de la société comme des éléments qui rendent l'histoire toujours pertinente. Le réalisateur, dont le fils aîné entrait au secondaire au moment de la création, a voulu explorer comment ces changements affectent la vie des jeunes. La série se déroule dans un environnement scolaire impitoyable, où l'intimidation et la violence en ligne jouent un rôle central. Flanagan souligne que cette adaptation permet de montrer comment ces problèmes modernes s'inscrivent dans une histoire qui reste fondamentalement humaine.

Relation mère-fille approfondie

Dans cette adaptation, la relation entre Carrie et sa mère, Margaret White, est explorée de manière plus nuancée et empathique que dans les versions précédentes. Margaret, interprétée par Samantha Sloyan, est une femme fondamentaliste chrétienne qui contrôle strictement la vie de sa fille, tout en cherchant à la protéger. Flanagan explique que cette ambiguïté est au cœur de leur relation : le spectateur est invité à comprendre les motivations de Margaret, même si ses méthodes sont critiquables. L'actrice Summer H. Howell, qui incarne Carrie, a souligné cette dualité en demandant si le public devait protéger ou craindre son personnage. Flanagan répond que les deux réactions sont possibles, reflétant la complexité de leur relation. Cette approche ajoute une dimension féministe à l'histoire, en montrant comment les femmes marginalisées, comme Carrie et sa lignée de femmes aux pouvoirs surnaturels, sont persécutées pour leur différence.

Approche réaliste et surnaturelle

La série Carrie est composée de huit épisodes et adopte une approche visuelle réaliste, tout en intégrant des éléments surnaturels. Flanagan a choisi de développer davantage les personnages secondaires, comme l'amie de Carrie, Sue Snell, ou son intimidatrice, Chris Hargensen, pour donner une vision plus complète de leur parcours. La série explore également les coulisses de l'administration scolaire, en suivant le directeur et le personnel qui tentent de gérer l'intimidation et la violence des réseaux sociaux. Flanagan explique que cette approche permet de montrer comment des décisions différentes auraient pu changer le destin des personnages. La série évite de présenter des monstres, mais plutôt des personnages complexes dont les actions peuvent susciter à la fois la sympathie et la critique.

Ce que ça pourrait changer

Le casting de *Carrie* a été un processus rigoureux : plus de 1 400 candidates ont été auditionnées pour le rôle de Carrie White, finalement attribué à l'actrice canadienne Summer H. Howell. Flanagan, qui a collaboré avec Samantha Sloyan (Margaret White) sur plusieurs projets, souligne l'importance de la relation entre les acteurs pour donner vie à des personnages aussi ambivalents. La série a été tournée à Toronto en septembre 2026, avec une équipe internationale. Flanagan a également mentionné son intention de développer *Carrie* en trois saisons, ce qui permettrait d'explorer davantage l'univers du roman et ses personnages. Cette ambition reflète son attachement à l'histoire et à l'univers de Stephen King.

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