Populisme au Brésil
Le Brésil suit la vague latino-américaine, écho de Washington..
Le Brésil, comme plusieurs pays d'Amérique latine, connaît une montée du populisme de droite, inspiré par des figures comme l'ancien président américain Donald Trump. Lors des élections du 2 octobre 2026, la famille Bolsonaro, figure centrale de ce mouvement, a marqué un retour en force malgré les condamnations judiciaires de Jair Bolsonaro, ancien président condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État et résidant actuellement en résidence surveillée. Son fils aîné, Flávio Bolsonaro, candidat à la présidence, incarne cette continuité politique. Le populisme brésilien se caractérise par un discours sécuritaire, une défiance envers les institutions démocratiques et une opposition marquée à la gauche, symbolisée par l'ancien président Lula, qui briguait un septième mandat à 80 ans. Malgré un bilan économique mitigé (chômage à 5 %, inflation à 4 %, dette publique à 80 % du PIB), Lula reste un symbole pour les classes populaires, notamment dans le Nordeste, où il a réduit la déforestation en Amazonie, une mesure controversée auprès des entrepreneurs.
La famille Bolsonaro forme une dynastie politique au Brésil, avec plusieurs membres occupant des postes clés. Flávio Bolsonaro, 45 ans, sénateur fédéral, propose un programme néolibéral en économie et pro-Trump en diplomatie, tout en prônant une politique d'incarcération de masse inspirée de celle du président salvadorien Nayib Bukele. Son frère Carlos est conseiller municipal à Rio de Janeiro, tandis que Michelle Bolsonaro, troisième épouse de Jair Bolsonaro, préside le Parti libéral. Eduardo Bolsonaro, vivant aux États-Unis, est condamné au Brésil pour lobbying auprès de cercles pro-Trump et a demandé à la Maison-Blanche de sanctionner le Brésil pour faire libérer son père. Il entretient des liens étroits avec des figures comme Steve Bannon et Marco Rubio. Cette famille incarne une droite radicale, mêlant culte de la personnalité, rejet de la science et contestation des résultats électoraux, bien que le système électoral brésilien reste reconnu comme fiable.
Le Brésil s'inscrit dans une tendance régionale où la gauche latino-américaine recule face à la montée de la droite populiste, souvent soutenue par Donald Trump. Depuis 2023, des figures comme Antonio Kast au Chili, Keiko Fujimori au Pérou et Abelardo de la Espriella en Colombie ont été portées au pouvoir grâce à des discours sécuritaires et une opposition aux politiques progressistes. Cette vague s'appuie sur des préoccupations économiques et sociales, exploitées par des politiciens promettant des solutions radicales. Le Brésil, après le Salvador, le Chili, la Colombie et le Pérou, illustre cette dynamique, avec une droite qui associe méthodes autoritaires, rejet des institutions et culte du leader. Lula, malgré son bilan (réduction de la déforestation, baisse du chômage et de l'inflation), symbolise la résistance de la gauche, mais son âge et l'absence de relève affaiblissent son camp.
L'article souligne les tensions démocratiques au Brésil, où la droite populiste, représentée par les Bolsonaro, remet en cause les institutions sans pour autant contester ouvertement le système électoral. Jair Bolsonaro avait tenté un coup de force après sa défaite en 2022, avec une tentative de putsch à Brasília le 8 janvier 2023, soutenue par une fraction de l'armée. Son fils Flávio, candidat à la présidence, propose des mesures comme l'incarcération de masse, inspirées de politiques autoritaires. Lula, en campagne, a mis en garde contre les dangers pour la démocratie, avec le slogan « A democracia ou o negacionismo » (La démocratie ou le déni), ciblant la désinformation et le rejet de la science. Malgré un système électoral jugé fiable, la polarisation politique et la défiance envers les élites persistent, reflétant une crise plus large des démocraties en Amérique latine.
Le Brésil affiche des indicateurs économiques stables, avec un chômage à 5 %, une inflation à 4 % et une dette publique à 80 % du PIB, proche de celle de l'Allemagne. Cependant, les inégalités restent profondes, avec un taux d'intérêt de base des banques à 14 %, l'un des plus élevés au monde. Lula a mis en avant des mesures comme l'augmentation du salaire minimum, des investissements dans les infrastructures et la lutte contre la semaine de six jours dans certains secteurs. Son gouvernement a aussi stoppé la déforestation en Amazonie, une politique impopulaire auprès des entrepreneurs. Malgré ces avancées, la politisation de la justice et les scandales de corruption, comme l'affaire *Banco Master* impliquant Flávio Bolsonaro, alimentent la défiance envers les institutions. La droite, elle, propose un programme économique néolibéral, avec une réduction de l'intervention de l'État et une ouverture aux marchés internationaux.

