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Généraliste

Le monde se dirige vers un réchauffement de 2, 6°C au cours du siècle

Le Devoir · mis à jour il y a 15 j

Le monde est «dangereusement loin du compte», rappelle-t-elle à trois semaines de la COP31 sur le climat..

Trajectoire actuelle

Selon un rapport de l'ONU publié en 2026, les engagements mondiaux actuels pour réduire les émissions de gaz à effet de serre placent la planète sur une trajectoire de réchauffement climatique de 2,6°C d'ici la fin du siècle par rapport aux niveaux préindustriels. Cette estimation est plus élevée que celle de l'année précédente, qui prévoyait un réchauffement de 2,3°C à 2,5°C. Cette révision s'explique notamment par le retrait des États-Unis de l'accord de Paris en 2017 et par des révisions des estimations d'émissions passées. Le réchauffement de 2,6°C signifie que la température moyenne mondiale serait supérieure de 2,6 degrés Celsius à celle mesurée avant la révolution industrielle (vers 1850-1900).

Accord de Paris

L'accord de Paris, signé en 2015, est un traité international visant à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C, en poursuivant les efforts pour le contenir à 1,5°C. L'objectif de 1,5°C est considéré comme le seuil le plus ambitieux, car au-delà, les risques de phénomènes climatiques extrêmes et de dommages irréversibles pour les écosystèmes augmentent fortement. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré que le monde est désormais « dangereusement loin du compte » et ne peut plus éviter de dépasser cet objectif de 1,5°C. Les engagements actuels des pays ne suffisent donc pas à respecter les termes de cet accord.

Conséquences déjà visibles

Le rapport souligne que les conséquences du réchauffement climatique sont déjà visibles et dévastatrices, avec des phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents et intenses. Parmi ces événements, on compte des inondations meurtrières, des vagues de chaleur brutales et des incendies incontrôlables, comme ceux qui ont frappé l'Europe durant l'été 2025. Ces catastrophes naturelles entraînent des pertes humaines, des destructions d'infrastructures et des perturbations économiques majeures. Le réchauffement actuel, déjà supérieur à 1°C par rapport à l'ère préindustrielle, aggrave ces risques et rend les populations plus vulnérables.

Échec des politiques actuelles

Le rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) indique que les politiques climatiques actuelles des pays sont « dangereusement insuffisantes ». Les émissions de gaz à effet de serre, principalement issues de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, restent à des niveaux records en 2025. Les pays du G20, qui regroupent les 20 plus grandes économies mondiales, sont responsables des trois quarts des émissions mondiales. Leur manque d'action est qualifié d'« échec historique du leadership politique » par Mohamed Adow, directeur de Power Shift Africa. Les pays riches, en particulier, sont pointés du doigt pour leur inaction prolongée.

Scénarios possibles

Le rapport envisage deux scénarios principaux pour l'avenir. Le premier, basé sur les politiques actuelles, prévoit un réchauffement de 2,8°C d'ici 2100, soit le double du niveau actuel. Le second scénario, plus optimiste, suggère qu'un réchauffement pourrait culminer entre 1,7°C et 1,8°C avant de redescendre sous 1,5°C d'ici 2100. Pour y parvenir, les émissions mondiales devraient diminuer de manière drastique : 18% d'ici 2030, 45% d'ici 2035 et 69% d'ici 2040, par rapport à 2025. Cependant, les engagements actuels ne permettraient qu'une réduction de 5 à 8% d'ici 2030 et de 11 à 15% d'ici 2035.

Solutions et blocages

Malgré les défis, le rapport souligne que des solutions existent pour inverser la tendance. Par exemple, la capacité mondiale en énergies renouvelables a progressé trois fois plus vite que prévu, et le déploiement de l'énergie solaire photovoltaïque a été multiplié par sept. Cependant, des blocages persistent, notamment sur la sortie progressive des combustibles fossiles, où aucun progrès significatif n'est observé. La déforestation est également un enjeu majeur. Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, a déclaré que « la fenêtre d'opportunité est en train de se refermer » et que les pays doivent « amplifier » leurs efforts de manière « significative » pour éviter un réchauffement catastrophique.

Ce que ça pourrait changer

Le rapport insiste sur l'urgence d'agir, qualifiant le moment actuel de « décisif ». Antonio Guterres a souligné que « nous disposons des outils nécessaires pour changer de cap », mais que l'action doit être immédiate. La 31e conférence de l'ONU sur le climat, prévue du 9 au 20 novembre 2026 en Turquie, sera un moment clé pour évaluer les progrès et renforcer les engagements des pays. Les scientifiques avertissent que chaque fraction de degré supplémentaire au-delà de 1,5°C augmente la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes et la probabilité de changements irréversibles pour la planète, comme le dépérissement des récifs coralliens ou la fonte du pergélisol.

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