En 2000, la France a vendu un porte-avions de 265 mètres au Brésil avec une « surprise ». 23 ans plus tard
Le 3 février 2023, le porte-avions Foch, vendu par la France au Brésil en 2000, a été coulé dans l'Atlantique par la marine brésilienne, faute de solution pour gérer ses matériaux toxiques..
En 2000, la France a vendu un porte-avions de 265 mètres de long au Brésil. Ce navire, nommé Foch à l'origine, était un bâtiment militaire conçu pour transporter et lancer des avions de combat. À l'époque, il s'agissait d'une transaction commerciale classique entre deux pays, où la France cherchait à se séparer d'un navire devenu trop coûteux à entretenir pour sa marine. Le Brésil, en revanche, voyait dans cet achat une opportunité d'acquérir un navire de guerre moderne sans avoir à en construire un nouveau, ce qui représente un investissement colossal. Le prix de vente n'est pas précisé dans l'article, mais cette opération s'inscrivait dans un contexte de coopération militaire et économique entre les deux nations.
Lors de la vente du porte-avions Foch au Brésil en 2000, les autorités françaises ont omis de mentionner un détail crucial : le navire était encore équipé de son réacteur nucléaire. Ce réacteur, initialement prévu pour propulser le navire, n'avait pas été démantelé avant la transaction. Le Brésil, qui ne dispose pas de technologie nucléaire navale avancée, n'était pas préparé à gérer un tel équipement. Cette « surprise » a posé un problème majeur pour le pays sud-américain, qui a dû faire face à des défis techniques, financiers et réglementaires pour adapter le navire à ses besoins ou se séparer du réacteur. Le terme réacteur nucléaire désigne ici un système de propulsion utilisant la fission nucléaire pour produire de l'énergie, une technologie complexe et réglementée.
Une fois le porte-avions Foch (renommé São Paulo par le Brésil) en service, le Brésil a rapidement rencontré des difficultés majeures. Le navire, conçu pour une propulsion nucléaire, nécessitait un entretien spécialisé et des infrastructures adaptées, que le pays ne possédait pas. Les coûts de maintenance et de modernisation se sont avérés bien plus élevés que prévu, dépassant largement les budgets alloués. De plus, le Brésil a dû faire face à des problèmes de corrosion et de vétusté du navire, âgé de plusieurs décennies. Ces défis techniques et financiers ont rendu l'exploitation du porte-avions de plus en plus difficile, voire impossible à long terme.
En 2023, après 23 ans de service (dont 3 ans de fonctionnement effectif), le Brésil a pris la décision de se séparer définitivement du porte-avions São Paulo. Le navire, jugé trop coûteux à entretenir et inutilisable dans sa configuration actuelle, a été désarmé. Plutôt que de le vendre ou de le rénover, les autorités brésiliennes ont opté pour une solution radicale : le couler. Cette décision a été motivée par l'impossibilité de trouver un autre usage pour le navire, ainsi que par les risques environnementaux et sécuritaires liés à son abandon en mer. Le terme désarmé désigne ici le processus de retrait d'un navire de guerre de son service actif.
Le choix de couler le porte-avions *São Paulo* en 2023 soulève des questions sur les conséquences environnementales de cette opération. Un navire de cette taille, même désarmé, contient des matériaux polluants tels que de l'amiante, des hydrocarbures, des métaux lourds et des résidus radioactifs liés à son réacteur nucléaire. Bien que les autorités brésiliennes affirment avoir pris des mesures pour limiter la pollution, les experts s'inquiètent des impacts potentiels sur les écosystèmes marins. Le Brésil a choisi une zone de l'océan Atlantique pour cette opération, mais les détails précis sur les procédures de démantèlement et de dépollution ne sont pas précisés dans l'article. Le terme *amiante* désigne un matériau isolant autrefois utilisé dans la construction navale, aujourd'hui interdit en raison de ses risques pour la santé.

