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Société

Des scientifiques norvégiens dévoilent une technique pour traquer les sous-marins les plus silencieux

Slate FR · mis à jour il y a 15 j

Alors qu'elle visait initialement au repérage des baleines, une nouvelle technique mise au point par des chercheurs norvégiens pourrait bien permettre de traquer toute sorte d'objet silencieux dans l'océan..

Détection des sous-marins

Des chercheurs norvégiens de l’Université des sciences et technologies ont mis au point une technique innovante pour repérer des objets silencieux sous l’eau, comme des sous-marins ou des baleines. Leur méthode s’appuie sur des câbles de fibre optique déjà posés au fond des océans, utilisés jusqu’ici pour détecter des signaux acoustiques. Cependant, cette approche classique échoue lorsque les cibles deviennent silencieuses. En 2022, l’équipe a donc cherché une alternative en étudiant les variations de contrainte à basse fréquence générées par le déplacement des objets dans l’eau. Ces contraintes créent un champ de pression hydrodynamique qui déforme les sédiments du fond marin, enregistrables par les câbles à fibre optique via un système appelé DAS (Détection Acoustique Distribuée). Contrairement aux méthodes acoustiques, cette technique ne nécessite aucun signal sonore, ce qui la rend applicable même en l’absence de bruit.

Principe hydrodynamique

Lorsqu’un navire ou un animal se déplace dans l’eau, il modifie la pression et la vitesse du fluide autour de lui. Par exemple, un navire pousse l’eau devant lui et crée un vide dans son sillage, générant une contrainte hydrodynamique qui se propage vers le bas, à travers la colonne d’eau. Cette contrainte atteint le fond marin et déforme les sédiments, même à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Les câbles de fibre optique, enfouis dans ces sédiments, captent ces déformations sous forme de signaux mesurables par le système DAS. Les chercheurs ont testé cette méthode autour de l’archipel du Svalbard (Norvège) en 2026, en enregistrant les données de navires de différentes tailles. Ils ont observé que les navires produisent des signaux plus forts que les baleines, et que l’amplitude de ces signaux diminue avec la distance par rapport au câble.

Résultats des tests

Les expériences menées au Svalbard ont validé l’efficacité du dispositif. Les chercheurs ont réussi à détecter un navire de croisière à une profondeur de 413 mètres, jusqu’à 550 mètres du câble à fibre optique. Les navires de grande taille génèrent des signaux plus importants, facilitant leur repérage. En revanche, les baleines bleues, plus petites, ne sont détectables qu’à moins de 40 mètres du câble. Cette méthode ouvre des perspectives pour surveiller des espèces menacées comme les baleines, mais aussi pour des applications militaires, comme le traçage de sous-marins. Cependant, son efficacité reste limitée par la distance et la taille des cibles. Les chercheurs soulignent que des améliorations pourraient étendre son utilisation, notamment pour des objets plus petits ou situés à plus grande distance.

Ce que ça pourrait changer

Bien que conçue initialement pour étudier les baleines, cette technique pourrait avoir des usages bien plus larges. Les scientifiques envisagent de l’appliquer à la détection de **navires en surface** ou de **sous-marins**, même lorsqu’ils sont silencieux. Contrairement aux systèmes acoustiques traditionnels, cette méthode ne dépend pas des sons émis par les cibles, ce qui la rend plus discrète et potentiellement plus fiable. Les câbles à fibre optique, déjà déployés pour les communications internet sous-marines, pourraient ainsi servir de réseau de surveillance passive. Les chercheurs notent que cette approche est particulièrement prometteuse pour la **défense**, où la discrétion est cruciale. Cependant, son déploiement à grande échelle nécessiterait des investissements supplémentaires et des tests complémentaires pour surmonter ses limites actuelles.

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